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Arabie Saoudite : fermeture d'un gymnase pour une vidéo estimée indécente

Arabie Saoudite : fermeture d'un gymnase pour une vidéo estimée indécente

Arabie Saoudite

Il ne fait pas bon être sexy dans tous les pays de la planète. C’est le cas de l’Arabie Saoudite, pays ultra conservateur, où une salle de fitness a été tout simplement fermée. La raison ? La projection d’une vidéo jugée provocante. Plus d’explications dans cet article.

Sur la fameuse vidéo projetée dans une salle de gym de Riyad (capitale), on y voit une jeune femme en tenue sportive moulante. La vidéo, réalisée dans un but promotionnel, a très vite soulevé le courroux des autorités du royaume encore figé dans le temps.

Turki al-Sheikh, chef de l’autorité saoudienne chargée des sports qui est aussi l’un conseiller du prince héritier Mohammed ben Salmane, a réagi sur Twitter en ces termes : “Nous ne tolérerons pas cela”. Al- Sheikh va plus loin, exigeant des poursuites contre les auteurs de ladite vidéo.

S'il s'agissait d'une étrangère, vous loueriez sa beauté ou ses yeux.

Selon les autorités saoudiennes, ce genre d’images peut “corrompre la morale publique”. La réaction de Saud al-Qahtani, un des conseillers en communication du palais royal, est moins virulente que celle de Turki al-Sheikh. Mais il abonde dans le même sens que celle d’al- Sheikh.

Se réjouissant de la rapide réaction des autorités du royaume, al-Qahtani (qui a lui aussi réagi sur Twitter) pense que cela démontre que l’Arabie Saoudite est sur la voie d’une “modération sans effondrement moral”.

La vidéo en question a fait le tour des réseaux sociaux. On peut y voir une jeune femme, les cheveux à l’air (ce qui représente un sacrilège dans le royaume). La femme, en tenue jugée inacceptable, donne des coups de poing dans un sac de boxe. La scène apparemment banale, se déroule dans un gymnase.

Cette image est en net contraste avec l’abaya, la fameuse tenue noire qui recouvre tout le corps et que toutes les femmes sont sommées de porter en Arabie Saoudite, bon gré mal gré, pour masquer leurs formes.

Mais le pays semble timidement se résoudre à lâcher du lest. En 2017, le prince héritier Mohammed ben Salmane entreprenait d’importantes réformes sociales. Parmi celles-ci, l’autorisation pour les femmes de conduire des véhicules. Mais ces dernières ne verront ce rêve se réaliser qu‘à partir de juin de cette année.

Autre réforme de taille dans le royaume ; pour la première fois de l’histoire moderne de l’Arabie Saoudite, des femmes ont célébré la fête nationale en compagnie des hommes et ont même été autorisées à assister à des matches de foot.

Des réformes entreprises pour les femmes, mais…

Un autre fait surprenant, la remarque faite en février dernier par un haut dignitaire religieux, qui a laissé entendre que les femmes n’ont pas obligation de porter la fameuse abaya en public. Mais aussi, la tentative de relance du sport féminin par les autorités saoudiennes, qui lorgneraient vers les cours d‘éducation physique obligatoires pour les filles.

Mais il ne faut pas vite crier victoire. L’Arabie Saoudite est encore à des années-lumières du concept de l‘émancipation des femmes. Celles-ci sont encore, au troisième millénaire, sous le total contrôle de leur père, mari et autres oncles et frères. Sans une autorisation émanant de leur tuteur mâle, les Saoudiennes n’ont ni le droit de voyager, ni celui d‘étudier, ni même le droit de travailler.

En juillet de l’année dernière, une jeune mannequin Saoudienne prénommée Khulood, faisait scandale sur la toile, se promenant en mini-jupe et body, les cheveux au vent, dans le fort historique d’un village saoudien. La scène a été filmée et la vidéo (dont les images sont projetées au ralenti) a vite fait le tour des réseaux sociaux. Cette vidéo avait vite fait de diviser la société saoudienne. D’un côté les soutiens de la jeune femme et de l’autre, ses détracteurs.

Sur Twitter, les supporters de Khulood réagissaient par des “bravo à cette femme !!!” (patriot-senior), ou encore "la courageuse khulood défie et scandalise les obscurantistes en circulant en minijupe et nombril à l'air" (Jpney). “S’il s’agissait d’une étrangère, vous loueriez sa beauté ou ses yeux. Mais comme elle est Saoudienne, vous demandez qu’elle soit jugée”, a martelé pour sa part @50BM, toujours surTwitter.

Côté détracteurs et sur le même réseau social, l’on pouvait lire des réactions du genre “c’est un acte irresponsable. Qu’elle vous plaise ou non, vous respectez la loi”, par @altamimi 14.

Moins d’un jour après la publication de la vidéo de Khulood, une enquête était ouverte par le fameux comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice. Selon des indiscrétions, un mandat d’arrêt avait même été lancé contre la jeune mannequin. Au final, les choses se sont pluôt bien terminées pour elle, puisqu’elle a été libérée sans la moindre inculpation.