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Nigeria : Ekene Ngige, l'artiste qui donne un visage au café

Nigeria : Ekene Ngige, l'artiste qui donne un visage au café

Nigéria

Au Nigeria, un artiste-peintre a trouvé le moyen d’unir sa passion pour le café à son art. Son nom ; Ekene Ngige. Incursion dans son atelier de Lagos, la capitale économique du pays le plus peuplé d’Afrique.

L’homme, âgé de 35 ans, est plongé dans son travail, réalisant le portrait d’une jeune fille musulmane qui a subi les affres de la folie meurtrière de la tristement célèbre secte islamiste Boko Haram. S’appuyant sur une photo de la jeune fille qui s’affiche sur l‘écran d’un appareil photo numérique, Ekene Ngige, armé de son pinceau, donne petit à petit vie à son œuvre sur du papier blanc.

La secte islamiste, dirigée par Abubakar Shekau, sévit particulièrement dans le nord-est du Nigeria et a fait, depuis le début de son insurrection en 2009, plus de 20.000 morts, des millions de déplacés et deux kidnappings de masse avec pour victimes des écolières, enlevées alors même qu’elles étaient dans leur établissement. L’un en 2014 (les filles de Shibok), l’autre, cette année-même (les filles de Dapchi).

Vous savez, la peinture m'a plusieurs fois aidé à payer des factures, quand j'étais étudiant.

Pour l’artiste-peintre, ce phénomène, ou du moins les victimes de ce fléau, ne reçoivent pas l’attention qu’elles méritent. Il affirme mettre en relief ce manque d’attention à travers son art.

Pour commencer son travail, Ekene Ngige procède au crayonnage de son sujet sur papier ou sur toile. Ensuite, il utilise un mélange simple, mais efficace ; le café associé à de l’eau, qui sert de boisson pour le commun des mortels, mais permet à notre artiste de donner vie à son imagination. Cette technique, le jeune artiste l’a découverte en 2014 et a commencé à la pratiquer en 2016.

« J’adore le café. J’adore le café… Je suis un amoureux de café et un jour, je buvais une tasse… Nous étions en réunion, une courte réunion et je buvais une tasse, quand elle s’est renversée sur mon bloc. La couleur était si belle sur le papier, la texture si belle, que je me suis dit que ça pourrait faire une très belle œuvre. Je me suis donc dit qu’en rentrant, j’essaierai de faire ça », dit-il.

Une formation académique qui s’avère payante

Ayant étudié les beaux-arts, le jeune homme peignait à ses débuts en utilisant de l’acrylique, de l’huile et l’aquarelle, avant d’opter pour le café.

Ekene Ngige : « j’ai eu envie de poursuivre cette carrière depuis l‘école. Vous savez, la peinture m’a plusieurs fois aidé à payer des factures, quand j‘étais étudiant. C‘était donc très encourageant de voir que les banques pouvaient venir à mon atelier à l‘école, pour acheter une de mes œuvres et m’aider… Me donner de l’argent pour acheter plus de matériaux et payer mes frais de scolarité et grâce à cela, j’ai cru en ma carrière. J’y ai tellement crut que j’ai continué. »

Comme projet à court terme, l’artiste compte exposer ses œuvres au cours d’un spectacle cette année. Pour lui, ses créations se penchent sur les problèmes qui plombent la société.

« Je raconte ce qui se passe dans la vie. La pauvreté, l’Afrique, le terrorisme, les enfants… Vous savez, tout ce qui se passe dans la vie, peut-être à cause de la façon dont j’ai grandi. », affirme-t-il.

Quant à la question de savoir si ses portraits au café ne seront pas affectés par les caprices du temps, Ekene Ngige se veut rassurant, soulignant qu’il ajoute du vernis brillant à la finition. Ce vernis, selon l’artiste, en plus de faire briller ses œuvres, leur garantit une protection qui s‘étend sur au moins une centaine d’années.

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