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Congo : des ONG dénoncent le silence de la communauté internationale sur la violation des droits humains

Congo : des ONG dénoncent le silence de la communauté internationale sur la violation des droits humains

Congo

Dans un communiqué conjoint rendu public hier, des ONG dénoncent de « graves » violations des droits de l’homme observées depuis 2015 au Congo. Et demandent à la communauté internationale d’intervenir.

Parmi les ONG signataires du communiqué, Amnesty International, l’Association pour les droits de l’homme et l’univers carcéral (ADHUC), Tournons la page (TLP) et la Commission épiscopale justice et paix (CJP).

Un document d’une page qui décrit une situation congolaise des plus alarmantes en matière des droits de l’homme depuis le référendum constitutionnel de 2015 qui a permis au président Sassou de briguer un troisième mandat consécutif lors de la présidentielle anticipée de 2016. « Depuis le référendum constitutionnel d’octobre 2015 et les élections présidentielles de mars 2016, fortement contestés tant par l’opposition que la communauté internationale, les autorités ont mené une vague d’arrestations d’opposants et interdit les manifestations pacifiques », peut-on lire dans le communiqué.

Ces inculpations fallacieuses utilisées pour détenir les opposants et activistes sont un affront aux engagements du pays à respecter la liberté d’expression et de manifestation pacifique

À en croire ces ONG, plus de 20 opposants dont Jean Marie-Michel Mokoko et André Okombi-Salissa, deux candidats malheureux à la présidentielle de 2016 sont derrière les barreaux. Principaux chefs d’accusation, « atteinte à la sûreté de l‘État », « détention illégale d’rames et munitions de guerre » et « troubles à l’ordre public ».

Sévices corporels et autres traitements inhumains dégradants

Il y a aussi que ces détenus seraient souvent torturés par des geôliers. « Le 24 janvier 2017, Modeste Boukadia, président du Cercle des démocrates et républicains du Congo (CDRC, opposition), arrêté un an plus tôt, a été admis dans une clinique de Pointe-Noire, pour des blessures que des surveillants de la maison d’arrêt lui avaient infligées en le rouant de coups. Les violences subies en détention lui ont causé deux fractures des lombaires, une hypertension artérielle et un problème cardiaque. Noël Mienanzambi Boyi, président de l’Association pour la culture de la paix et de la non-violence et animateur dans une station de radio locale, a aussi subi des actes de torture pendant sa détention, après son interpellation en janvier 2017 ».

Si les autorités congolaises dont Ange Wilfrid Bininga ministre de la Justice congolaise se sont toujours défendues des arrestations arbitraires, la société civile tant nationale qu’internationale voit en ces arrestations « arbitraires » et « traitements inhumains », une politique « bien huilée » de suppression de la liberté d’expression. « Ces inculpations fallacieuses utilisées pour détenir les opposants et activistes sont un affront aux engagements du pays à respecter la liberté d’expression et de manifestation pacifique. Elles ne constituent en aucune manière, une solution pour assurer la sécurité ou la paix durable au Congo », estime Moke Loamba, Président de l’ADHUC.

Et d’en appeler à la réaction de la communauté internationale. « A tous les niveaux de son engagement avec les autorités, la communauté internationale y compris l’UE et l’ONU, doit tout mettre en œuvre pour que les autorités congolaises mettent un terme aux arrestations et détentions arbitraires ainsi qu’à la torture et aux traitements inhumains infligés aux activistes politiques », déclare Brice Mackosso, secrétaire permanent de la CEJP.

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Mais, comment réagira le gouvernement congolais à cet appel ? La réponse peut-être à l’issue de la session criminelle qui s’ouvre le 29 mars prochain, car des opposants détenus pourraient enfin passer à la barre.

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