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Guinée : fin de la grève des enseignants, deux tués dans une manifestation de l'opposition

Guinée : fin de la grève des enseignants, deux tués dans une manifestation de l'opposition

Guinée

Deux jeunes hommes ont été tués mercredi à Conakry lors de nouvelles manifestations de l’opposition en Guinée, où s’est achevée une grève des enseignants de plus d’un mois, après un accord avec le gouvernement.

Des partisans de l’opposition, qui conteste les résultats des élections locales du 4 février, officiellement remportées par le parti du président Alpha Condé, ont manifesté mercredi dans la capitale et en province, notamment dans le centre et l’ouest du pays, selon des témoins joints par l’AFP.

Un jeune identifié comme Mamadou Baïlo Diallo, 22 ans, a été tué par balles dans la même grande banlieue de Conakry où un autre avait péri en milieu de journée, a brièvement annoncé la télévision nationale dans son édition du soir. Boubacar Diallo, 25 ans, avait été tué dans le même quartier, selon le directeur de la polyclinique de Dixinn, le Dr Abdoulaye Barry.

On vient de très loin. Tout le monde est content. Le mérite revient au président de la République qui a accepté cette revendication, qui est majeure, de satisfaire les enseignants pour préserver la paix sociale

“J’ai reçu le corps d’un jeune blessé par balles”, dans le quartier de Wanidara, selon sa famille, a précisé le médecin. “Il est arrivé ici déjà mort, il est décédé en cours de route”, a-t-il ajouté.

“C’est vraiment triste pour ce pays, c’est vraiment triste pour nous et sa famille”, a déclaré à l’AFP le chef de l’opposition Cellou Dalein Diallo, qui participait à la manifestation, estimant à 91 le nombre d’opposants tués depuis l’accession au pouvoir de M. Condé en 2010.

Le chef du groupe parlementaire du parti au pouvoir, Amadou Damaro Camara, a accusé mardi l’opposition de tenter de “déstabiliser le régime d’Alpha Condé”.

Revalorisation salariale

Malgré ces tensions politiques persistantes, le front social a connu une accalmie avec la conclusion dans la nuit de mardi à mercredi d’un accord mettant fin à la grève des enseignants qui avait donné lieu à des manifestations.

“La grève est suspendue”, a déclaré le leader des grévistes, le secrétaire général du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), Aboubacar Soumah, se félicitant d’avoir obtenu gain de cause sur “quatre revendications” essentielles.

Selon le texte de l’accord lu par l’inspecteur général du Travail, Alya Camara, les enseignants obtiennent l’application d’une augmentation des salaires de 40 % décidée en 2017. Après une hausse de 10 % payée en février, les 30 % restants seront effectifs fin mars, avec effet rétroactif au 1er janvier 2018, selon le texte.

En outre, les parties ont décidé d’ouvrir des négociations du 2 au 25 mai “sur un salaire de base de tous les enseignants de huit millions de francs guinéens (717 euros).

Par ailleurs, “nul ne sera sanctionné pour fait de grève”, tandis que M. Soumah, en dissidence du SLECG, a personnellement obtenu la “levée de la suspension” de son salaire et le paiement de ses arriérés.

“Chacun d’entre nous a mis l’intérêt de la Guinée au-dessus de tout, à travers les enfants qui devront retourner à l‘école. Ça a été dur, très dur, mais finalement, nous y sommes arrivés”, s’est réjoui le médiateur de la République, l’ancien Premier ministre Mohamed Saïd Fofana.

“On vient de très loin. Tout le monde est content. Le mérite revient au président de la République qui a accepté cette revendication, qui est majeure, de satisfaire les enseignants pour préserver la paix sociale pour ménager l’avenir des enfants”, a déclaré à l’AFP le conseiller personnel de M. Condé, Tibou Kamara.

Les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent régulièrement le lourd bilan de victimes lors des manifestations politiques ou sociales en Guinée.

“Jusqu‘à présent, aucune des investigations menées dans le cadre des violences commises au cours de manifestations n’a conduit à un procès”, avaient déploré en mars 2017 plusieurs de ces organisations, dont la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

AFP

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