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Maroc - Jerada : les femmes entrent dans la danse

Maroc - Jerada : les femmes entrent dans la danse

Maroc

Si depuis son début en décembre dernier, le mouvement Hirak de Jerada, n‘était qu’une affaire d’hommes, les femmes commencent elles aussi à faire œuvre utile. Et le premier coup d’essai aura été celui des maîtresses.

Une grève générale a été observée hier à Jerada au nord-est du Maroc. Signe que les populations ont mal digéré l’arrestation de deux des leurs les samedi et dimanche derniers par les autorités lors des manifestations contre le gouvernement marocain accusé d’avoir abandonné Jerada. Mais, des manifestations qui ont été réprimées par les forces de l’ordre. Ce qui n’est pas du goût des manifestants qui entendaient étendre le mouvement à d’autres localités marocaines.

Et cette fois-ci, ce sont les femmes qui dénoncent le comportement des policiers et se mettent dans les premières tranchées. « Nous voulions agir ailleurs qu‘à Jerada. Nous étions au centre-ville en train de préparer l’action quand la descente de policiers a eu lieu, samedi. Ils étaient en civil et ils ont tabassé puis chassé les citoyens rassemblés. Ils ont cherché à arrêter notre frère Mustapha Dainane. Il a été arrêté d’une manière Hollywoodienne. Les policiers ont fait usage de leurs armes pour nous menacer et ils ont frappé ceux qui s’opposaient pacifiquement. Mustapha Dainane est un activiste très dynamique. L’accusation d’accident de voiture est factice » a expliqué à RFI, Fatima Kaliî, porte-parole du mouvement Hirak de Jerada.

Nous voulions agir ailleurs qu'à Jerada. Nous étions au centre-ville en train de préparer l'action quand la descente de policiers a eu lieu

Situé au nord-est du Maroc, Jerada est une ancienne ville minière dépouillée de ses ressources depuis la fermeture des mines à la fin des années 1990. Conséquence, des populations mues par l’instinct de survie, procèdent par l’exploitation artisanale des anciennes. Non sans conséquences dramatiques. En décembre dernier par exemple, deux frères sont morts dans un puits de charbon. Ce qui a provoqué le courroux des riverains qui manifestent ces trois derniers mois sans répit, malgré un plan d’urgence de 55 millions d’euros et de nombreuses arrestations dont celles de samedi et dimanche derniers.

>>> LIRE AUSSI : Maroc : manifestation de masse après deux décès dans une mine désaffectée

Mais, avec l’entrée des femmes dans la danse, le mouvement vient de réussir une extension très symbolique surtout en ce mois dit de la femme, une période à laquelle les oreilles, mêmes les plus misogynes, semblent se dresser à la moindre alerte émise par une femme.

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