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Entretien - Germaine Ololo : « que nos séries télévisées nous réconcilient avec nos origines »

Entretien - Germaine Ololo : « que nos séries télévisées nous réconcilient avec nos origines »

Afrique

Germaine Ololo est une comédienne congolaise basée à Pointe-Noire. Elle est fondatrice de la compagnie théâtrale « Issima » et du festival international d’expression féminine (FIEF). Pour l’artiste de renommée nationale, les séries télévisées africaines gagneraient à promouvoir les valeurs ancestrales africaines qui s’effritent petit à petit au contact des contenus proposés par les séries importées d’autres continents. Une recommandation adressée au festival « Série séries » qui se tient du 27 février au 4 mars à Ouagadougou.

Êtes-vous au courant du festival « Série séries » de Ouagadougou destiné à promouvoir les séries télévisées d’Afrique ?

Ce serait un manquement pour la comédienne que je suis de ne pas être au courant d’un événement dont l’importance est telle que la culture africaine va accroître sa visibilité à travers la planète. Les 14 séries typiquement africaines sélectionnées par l’Africasting International Management (AAFRIMAN) aideront le public et les acteurs de l’industrie cinématographique à découvrir la force créatrice des artistes africains. Et c’est à mon avis, la raison pour laquelle les Européens ont jugé utile d’exporter « Série séries » pour la première fois dans notre continent.

À vous entendre parler, c’est un événement qui pourrait bénéficier à l’Afrique….

Effectivement, la culture africaine a tout à gagner dans ce festival. Savez-vous pourquoi, nous regardons plus les séries latino-américaines, indiennes ou européennes que les séries africaines ? Ce n’est pas parce qu’il n’y en a pas. C’est plutôt parce que nos séries ne sont pas assez connues. Regardez des œuvres comme « Trois femmes, un village », « Trois hommes, un village » ou Kadi Jolie » d’Idrissa Ouédraogo (paix à son âme). Ce sont des séries qui montrent l’essence propre de l’Afrique telle qu’elle nous a été léguée par nos aïeux. C’est donc toute la culture africaine qui va gagner !

Mais, il y a l’invasion des séries des télénovelas. Y aura-t-il une marge de manœuvre pour les séries africaines dans le public ?

Justement, c’est un problème majeur. Sans être contre les séries des télénovelas, je voudrais tout simplement dire qu’au nom de la mondialisation, le souhait est que nos séries nous réconcilient d’abord avec nos origines. L’Afrique a connu des valeurs dans le passé. En quoi est-il mauvais si une série se consacre à la description du « Tchikoumbi » ? Dans la tradition vili (ethnie du littoral congolais, NDLR), c‘était une cérémonie nuptiale qui consistait à tester la virginité d’une fille. C’est vrai que l’Afrique doit s’adapter aux exigences de l‘évolution. Mais, nous ne devrions pas oublier nos repères ! Voilà pourquoi, je propose à Issaka Sawadogo, directeur de l’AAFRIMAN et d’autres organisateurs du festival de mettre un accent sur « l’africanité » (passez-moi le terme) des productions cinématographiques du continent.