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Inspire Middle East

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Inspire Middle East : les novateurs du Moyen-Orient

Inspire Middle East : les novateurs du Moyen-Orient

Inspire middle east

Dans cette nouvelle édition d’Inspire Middle East, Maithreyi Seetharaman s’entretient, en exclusivité, avec son Excellence, Zaki Nusseibeh. Chez lui, à Abu Dhabi, le Conseiller Culture aux Affaires présidentielles des Emirats arabes unis nous dit ce qui pourrait, selon lui, inspirer la jeune génération arabe. Nos journalistes se sont également rendus en Jordanie. A Amman, ils ont rencontré des fondus d’informatique qui innovent pour résoudre des problèmes locaux. Enfin, cette édition vous propose une escale à Dubaï et une immersion dans les bureaux de LA licorne du Moyen-Orient, Careem.com.

CAREEM

C’est sa propre philosophie qui a permis à la startup Careem de grandir au Moyen-Orient et de rivaliser avec des concurrents tels qu’Uber.


Évaluée aujourd’hui à plus d’un milliard de dollars, Careem a engrangé 15 millions de clients dans plus de 90 villes à travers 14 pays en un peu plus de cinq ans. Magnus Olsson, l’un des fondateurs de Careem, nous invite à découvrir pourquoi et comment relever des défis locaux à mené sa société au succès.

Maithreyi Seetharaman, euronews : Comment avez-vous réussi à vous implanter, malgré les interdictions, en Arabie saoudite, par exemple ?

Magnus Olsson, Careem : Nous avons énormément mis en avant notre activité comme stimulant au développement économique. Mais pour nous, ce qui reste certainement le plus excitant c’est que nous pourrions commencer à avoir des femmes chauffeurs.

Nous savons qu’en Arabie saoudite par exemple, la majorité de nos clients sont des femmes et nous pensons que beaucoup d’autres ne font pas encore appel à nos services simplement car elles se sentiraient plus à l’aise avec des femmes chauffeurs.

M.S : Vous concentrer sur les distinctions régionales, c’est la clef pour percer le marché au Moyen-Orient?

M.O : En réalité, ce n’est pas aussi simple que face à une région plus homogène. C’est assez différent. Dans cette partie du monde, l’utilisation de cartes de crédit par exemple est encore relativement faible. Nous avons donc dû opter pour le paiement en espèces. Accepter les espèces, ça peut sembler facile comme ça. Sur l’application vous appuyez sur le bouton « cash » et voilà… mais, après, comment faites-vous pour collecter réellement les recettes de vos 500 000 chauffeurs répartis dans plus de 80 villes ? c’est un cauchemar opérationnel ! Nous avons dû travailler bien plus que si nous avions été en Suède par exemple.

M.S : Comment abordez-vous la question des droits des conducteurs sur tous vos marchés ?

M.O : Dès le premier jour, nous avons voulu être généreux avec nos chauffeurs. C’était notre priorité essentielle. Nous veillons à ce que nos chauffeurs aient une très bonne couverture. Nous n’essayons pas de pénaliser un chauffeur qui ne serait pas rentable par exemple, mais nous faisons tout pour l’aider à s’améliorer.

« Ils nous aident et sont à l’écoute. Il y a aussi des formations et ils nous protègent », assure Faizal, chauffeur Careem.

Pour fidéliser sa clientèle, Careem répond aussi aux goûts spécifiques de ses clients.

M.O : Il y a quelques années, lors des vacances de l’Aïd en Arabie saoudite, nous avons offert à nos clients la possibilité de commander un mouton. En ouvrant l’application, ils pouvaient donc réserver un VTC (voiture de transport avec chauffeur) de différentes catégories et un mouton. Nous avons aussi lancé un service de rencontres. Les clients pouvaient prendre rendez-vous avec un coach relationnel qui leur prodiguait des conseils sur la meilleure façon de rencontrer leur âme sœur ou leur partenaire de vie.

SHARQISHOP

Il existe un effort assez similaire pour investir en matière d’innovation dans la région, comme par exemple en Jordanie. Notre journaliste Salim Sayed s’est intéressé aux travail de techniciens basés à Amman.

Les jeunes Jordaniens ont été au premier rang des startups les plus populaires du Moyen-Orient. Ils ont aidé à bâtir la scène grandissante de l’innovation du pays.

Salim Sayed, euronews : « Je me trouve dans le Parc du Roi Hussein qui abrite Oasis500, l’un des premiers accélérateurs de startups du Moyen-Orient. L’incubateur tech jordanien a financé près de 150 jeunes entreprises, dont une quarantaine sont encore actives aujourd’hui ».

L’une de ces startups appartient à Saleem Najjar. Cet entrepreneur syrien établi à Amman nous invite à découvrir le potentiel de la Jordanie en matière d’innovation.

Saleem est le co-fondateur de Sharqishop, un marché en ligne qui permet aux artisans locaux de vendre leurs produits traditionnels à une clientèle plus large. Selon lui, pour arriver à vendre un produit, il faut d’abord raconter son histoire.

« Nous essayons de créer un site web ou une plateforme personnalisée dédiée à l’artisan, plus qu’à ses articles eux-mêmes », explique Saleem Najjar.


Première étape, rencontrer des artisans locaux jordaniens et syriens qui fabriquent des produits artisanaux de haute qualité mais rencontrent de grosses difficultés pour trouver des acheteurs. C’est à ce moment-là que que Saleem et son équipe entrent en jeu. Ils s’occupent de tout, du marketing en ligne à la livraison du produit en passant par le packaging.

Sharqishop existe depuis un peu plus d’un an. C’est l’une des nombreuses startups qui se sont installées en Jordanie pour lancer leur affaire.

« La Jordanie est l’endroit parfait pour lancer des projets pilotes et tester des produits et services sur le terrain. Il y aussi la réalité d’un marché qui n’est pas si grand que ça », ajoute Suleiman Arabiat, Chef des opérations chez Oasis500.


La scène de l’innovation en Jordanie fait pourtant face à des défis

« L’esprit d’entreprise est quelque chose de relativement nouveau ici. Le schéma classique : obtenir un diplôme puis trouver un emploi a été jusque-là l’état d’esprit dominant chez la plupart des jeunes Jordaniens », constate Suleiman Arabiat.

Mais pour Saleem, avoir l’esprit entrepreneurial ne suffisait pas. Il a quitté la Syrie pour la Jordanie en 2011. En tant que réfugié, il n’a pas pu immatriculer son entreprise et il a failli fermer boutique.

« Je n’avais que 100 Dinars jordaniens sur mon compte en banque », explique-t-il.

En 2018 Sharqishop se développe et de grosses sociétés saoudiennes et doubaïotes cherchent à faire des affaires avec Saleem.

« Nous offrons du travail aux Jordaniens pour remercier la communauté jordanienne de nous avoir permis de nous installer ici malgré tous les défis et les problèmes qu’elle rencontre déjà. J’ai rencontré des difficultés et j’en rencontre encore, mais au final ça s’est bien passé », termine Saleem.

Le bilan est même plutôt positif. De 40 artisans référencés, Sharqishop prévoit de passer à 200 et Saleem espère implanter le concept Sharqishop un peu partout dans le monde d’ici la fin de l’année prochaine.
ENTRETIEN AVEC SON EXCELLENCE ZAKI NUSSEIBEH

Que faire lorsque dans une population, de nombreux jeunes sont à la recherche d’opportunités et de croissance ? Pour répondre à cette question, Maithreyi Seetharaman a rencontré, chez lui, à Abu Dhabi, son Excellence, Zaki Nusseibeh. Le Conseiller Culture aux Affaires présidentielles des Émirats arabes unis a été témoin des changements qui ont traversé les générations de ce très jeune pays. Il révèle ce qui pourrait, selon lui, inspirer la jeune génération arabe.

Maithreyi Seetharaman, euronews : Nous nous trouvons dans votre magnifique bibliothèque. Parlez-moi un peu plus de la connexion qui existe entre ces livres et la perception qu’on a des jeunes Emiratis ?

Zaki Nusseibeh : C’est une longue histoire. Mais, les livres et donc la connaissance, la recherche de la connaissance et l’éducation sont au cœur de ce que sont les Emirats arabes unis. C’est un petit pays et il a fallu très peu de temps pour en faire un Etat moderne. Nous partions de rien et l’investissement nécessaire résidait dans la jeunesse.

M.S : Vous avez vu des générations changer en très peu de temps. Quand vous regardez la nouvelle génération d’Emiratis et sa façon de se connecter au monde, que voyez-vous ?

Z.N : Vous savez, je vois le même esprit qui a permis à Sheikh Zayed de réaliser son rêve. Cette ambition folle qu’il avait de vouloir créer sur le sable un nouvel Etat moderne qui pourrait supporter les pressions et faire face aux obstacles qui se dressaient sur son chemin ; cette vision, cette capacité à regarder les défis, les obstacles, les difficultés, non pas comme une menace mais comme l’opportunité, de créer quelque chose de nouveau. Je vois ce même esprit, il est inscrit dans l’ADN et la personnalité émirati. Cette capacité à regarder les défis et les menaces et à en tirer parti.

M.S : Peut-on voir ici, dans ce qui se passe avec les jeunes, un modèle pour le monde arabe ?

Z.N : Je le crois. Je crois que les Emirats sont un modèle d’espoir pour les jeunes de la région. Aujourd’hui, avec les infrastructures de communication existantes, tout le monde apprend sur tout. Les jeunes regardent autour d’eux, ils façonnent leur propre avenir et ont de l’espoir pour leur futur. Il est donc nécessaire de leur procurer la meilleure éducation possible. Une éducation qui répond également aux besoins des marchés. Et les marchés changent chaque année. La vie doit devenir une bibliothèque, une existence connectée. Vous devez continuellement évoluer.

M.S : J’en arrive à ma dernière question. Qu’est-ce-qui vous gêne chez les jeunes du monde arabe ? Ici à Abu Dhabi ou à Dubaï ? que voudriez-vous qu’ils cessent de faire ?

Z.N : Je pense que c’est l’utilisation abusive de la technologie et des moyens de communication. Les jeunes ont des opportunités incroyables à saisir à travers internet et les réseaux sociaux. Et cela peut soit les aider à mener une vie épanouie et avoir une carrière riche, soit vraiment miner leur développement personnel en ce sens qu’ils passent trop de temps sur la toile. Si vous observez les jeunes dans un musée, vous verrez qu’ils passent plus de temps à regarder leurs messages qu’à apprécier un tableau par exemple. Ils perdent trop de temps sur certains réseaux sociaux. Et puis il y aussi le fait que la recherche de connaissances devient artificielle. Il suffit de consulter Wikipedia et de lire ensuite deux lignes sur un sujet pour penser qu’on connait tout de ce dernier.

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