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Crise politique au Tchad : Déby acceptera-t-il un dialogue vraiment ouvert ?

Crise politique au Tchad : Déby acceptera-t-il un dialogue vraiment ouvert ?

Tchad

Opposant tchadien basé en France, Abakar Tollimi appelle à un dialogue franc entre les acteurs politiques afin de faire retomber la tension politique dans son pays. Reste à savoir si le pouvoir l‘écoutera.

Le Tchad presque sur les braises. Tant les décisions du régime d’Idriss Déby Itno ne sont pas de nature à faire baisser la tension. Dix partis politiques de l’opposition ont été suspendus au début de ce mois pour deux ans. Leur faute ? Protester contre les mesures d’austérité prises le gouvernement dans le dessein sans doute de faire face à la crise économique qui frappe le pays du fait de la chute des cours du pétrole, principale source de revenus du Tchad.

En outre, d’après des sources proches, une quarantaine de personnes auraient été depuis le début de ces manifestations contre l’austérité. Ce qu’a reconnu l’administration judiciaire. « Le tribunal a relaxé trois (personnes) sur la base de vice de procédure. Il y en a treize que le tribunal a relaxées au bénéfice du doute. Donc, il en reste 33, 34. Ceux-là ont écopé chacun de quatre mois d’emprisonnement ferme », a révélé Mahamat Saleh Youssouf, procureur de la République près le tribunal de grande instance de N’Djamena.

Le pouvoir semble intransigeant

Tout en mettant en garde les manifestants. « La justice n’est pas censée réguler une manifestation. Et dans la manifestation, on a en face de nous une foule. Dans la foule, on peut trouver le diable », a-t-il déclaré. Des décisions qui pourraient jeter l’huile dans le feu dans un contexte de profond malaise social.

En exil à Paris où il a fondé l’année dernière le Conseil national de la résistance pour la démocratie (CNRD), Abakar Tollimi, fait partie des opposants à Idriss Déby. Le juriste (doctorat en droit public Sorbonne 2005) propose l’organisation d’un dialogue ouvert. Lequel devrait réunir toute la classe politique (majorité et opposition), la société civile et les autres organismes tchadiens afin de trouver une sortie de crise concluante. Sans quoi, explique-t-il, sa formation ne prendra pas part au forum sur la réforme des institutions.

Mais, sera-t-il écouté par N’Djamena ? Peut-être. Mais, les décisions gouvernementales sont loin d’inciter à l’optimisme. Natif de Fada au nord-est du Tchad quasiment dans la même localité que le chef de l’Etat tchadien, Abakar Tollimi se considère souvent l’opposant que Déby redoute le plus. « J’ai créé le CNRD en France, car Idriss Déby n’acceptera jamais qu’un corégionnaire du Grand BET (Borkou, Ennedi, Tibesti, régions du nord du Tchad, NDLR) crée un parti politique », déclarait-il en juillet dernier sur RFI.

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