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Congo : la grande détresse des déplacés du conflit oublié du Pool

Congo : la grande détresse des déplacés du conflit oublié du Pool

Congo

<h3>Pas de nourriture, pas de toit, pas d’argent, …. Les civils rescapés des affrontements entre Ninjas-Nsiloulou et éléments de la force publique dans la région du Pool passent des moments fort difficiles dans les localités où ils se sont installés. Quitte à souhaiter l’application effective de l’accord de cessez-le-feu du 23 décembre à Kinkala.</h3> <p>Deux nattes dans une main, quelques ustensiles de cuisine dans l’autre, Lydie Bitsindou, 48 ans, s’éloigne d’un centre de distribution d’aide à Nganga-Lingolo à l’entrée du Pool.</p> <p>Avec ses sept enfants, cette mère a fui les violences qui ont éclaté mi-2016 dans cette région du sud de la République du Congo considérée comme le grenier de Brazzaville avec son manioc et ses cultures maraîchères.</p> <p>Conséquence de la réélection contestée du président Denis Sassou Nguesso, l’armée et les combattants de Frédéric Bintsamou, alias le pasteur Ntumi, se sont affrontés loin des caméras et des observateurs des droits de l’homme, tenus à l‘écart.</p> <p>Villages et civils bombardées par des hélicoptères de l’armée, civils en fuite obligés de manger ce qu’ils trouvaient dans la forêt, sans aucune aide humanitaire… Tel est le constat de l’agence de presse humanitaire IrinNews qui a été parmi les premières à se rendre sur les lieux du conflit en décembre 2017.</p> <p>Résultat : au moins 138.000 déplacés pour un pays de cinq millions d’habitants. Des déplacés invisibles comme le conflit, qui n’ont pas rempli des camps à la périphérie de la capitale, mais se sont fondus dans des familles d’accueil.</p> <p>Lidye et sa famille ont marché 36 kilomètres avant de gagner la capitale. “La sous-préfecture de Goma Tsé-Tsé comptait 15.000 habitants avant la crise. Environ 1.100 d’entre eux ont été coincés dans leurs villages, tandis que tous les autres avaient pris la route de l’exode”, affirme Prosper Diatoulou, sous-préfet de Goma Tsé-Tsé.</p> <p>Depuis, c’est le déclassement social et la misère, le lot banal et douloureux de millions de réfugiés ou déplacés à travers le continent africain.</p> <h3>‘Calvaire’</h3> <p>“Aujourd’hui, je vais dormir au moins sur une natte au lieu des cartons et des sacs de farine vides que j’utilisais jusque-là”, se réjouit  Lydie après la distribution conduite par l’agence américaine <span class="caps">USAID</span> auprès d’un millier de déplacés.</p> <p>Un accord de paix conclu le 23 décembre 2017 entre les deux camps prévoit “la réinstallation des populations dans leurs localités d’origine”. Cette clause n’est pas encore appliquée.</p> <p>Et le temps presse pour les déplacés qui tiennent à renouer avec une vie normale. “Je dois à tout prix regagner le Pool. J’ai laissé mes champs là-bas. Il est temps d’aller récupérer l’essentiel parce que le moment de la récolte est largement passé”, s’impatiente Lydie Bintsindou qui arbore un pagne vert offert par une sœur.</p> <p>“J’ai été oublié sur la liste des bénéficiaires”, se désole Roger Malonga, 77 ans, un autre déplacé, arborant un chapeau rouge. Cet ancien travailleur du Chemin de fer Congo-océan (<span class="caps">CFCO</span>) brûle aussi d’envie de retourner chez lui. “Je dors tantôt dans les veillées funèbres et tantôt dans les étals des marchés. Je dois retourner dans le Pool pour mettre un terme à ce calvaire”, poursuit M. Malonga.</p> <p>L’accord de paix du 23 décembre prévoit aussi le désarmement des rebelles, le retour de l’Etat dans la région et la “libre circulation des personnes, des biens et des services”.</p> <p>Le chemin de fer Brazzaville-Pointe Noire qui traverse le Pool ne fonctionne plus depuis fin 2016 et certains de ses ouvrages ont été endommagés.</p> <h3>Paix durable, solution durable</h3> <p>Sur la nationale 1 Brazzaville-Pointe-Noire, le trafic a augmenté par rapport à 2016 et 2017 avec la levée de quelques barrages de l’armée. “Nous constatons que le dispositif militaire est quelque peu allégé à certains check-points”, affirme Cyrille Mabika, chauffeur.</p> <p>Sur l’axe routier Brazzaville-Kinkala, chef-lieu du Pool, “il y a des militaires sur la route qui fouillent minutieusement nos véhicules. Mais ils ne sont plus menaçants comme avant”, raconte un autre chauffeur.</p> <p>“La solution à la crise du Pool c’est la paix durable qui va permettre aux populations de retourner dans leurs localités et vaquer à leurs occupations”, plaide Todd Haskell, ambassadeur des Etats-Unis au Congo.</p> <p>Une commission mixte paritaire gouvernement/rebelle y travaille. Son prochain dossier : la levée du mandat d’arrêt contre le chef rebelle, le pasteur Ntumi. </p> <p>Dernière étape avant le retour des déplacés dans leur village ?</p>
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