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Antipas Mbusa Nyamwisi, l'homme qui veut faire tomber Kabila par la force

Antipas Mbusa Nyamwisi, l'homme qui veut faire tomber Kabila par la force

République démocratique du Congo

Antipas Mbusa Nyamwisi, chef du Rassemblement congolais pour la démocratie-Kisangani/Mouvement de libération (RCD-K/ML) – influent groupe rebelle de la deuxième guerre du Congo (1998-2003) – depuis mu en parti politique – réclame un combat armé contre le régime du président Joseph Kabila.

La crise politique semble s’enliser en République démocratique du Congo où l’opposition veut obtenir le départ du président Joseph Kabila. Ce dernier promet des élections le 23 décembre 2018, mais sans préciser s’il y prendra part ou non. En dépit des nombreuses manifestations de l’opposition, soutenue à bras-le-corps ces dernières semaines par l‘Église catholique, l’occupant du palais de la Nation de Kinshasa est pour l’heure infaillible.

Divisée et affaiblie, l’opposition congolaise se voit proposer les services d’un incontournable de la scène politique : Antipas Mbusa Nyamwisi, qui a dirigé l’une des grandes rébellions armées de l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce dernier n’a rien perdu de ses idéaux et prône encore aujourd’hui, le combat par les armes pour faire chuter le régime de Joseph Kabila.

“Ce n’est pas la rue qui fera tomber Kabila”, clame-t-il dans un portrait que lui consacre le site Monde Afrique. “Il n’y aura pas d’élections. Il faut donc utiliser les mêmes moyens que Kabila et l’opposition le sait bien (…) Moi, je suis prêt. On n’a plus le choix. Certains ont commencé à former des groupes, mais il leur manque un chef”, ajoute-il.

Il a un instinct politique pur, une rare intelligence des alliances, et tire toujours son épingle du jeu. Mais il faut renoncer à la tentation de la guerre, car Kabila n’attend que ça

En effet, bien que dans l’ombre, Mbusa Nyamwisi participe activement à la stratégie du Rassemblement, plateforme de l’opposition en perte de vitesse depuis la mort de son fondateur le 1er février 2017 à Bruxelles, l’opposant historique Etienne Tshisekedi. Il est même au nombre des personnes dont la libération ou le retour sont prévus par l’accord politique du 31 décembre 2016 obtenu par l‘Église catholique, précise Le Monde Afrique.

“Dealer” de conflits

Mais quel intérêt pour celui qui a agité, lors de la deuxième guerre du Congo (1998-2003), les groupes armés dans la région instable de l’Est, notamment dans le Nord-Kivu, sa région natale ; région où il jouit d’une assise politique, coutumière et religieuse confortable ? À ce sujet, l’historien Gérard Prunier y va de son commentaire. “Mbusa est un très bon dealer d’une came appréciée sur le marché régional : les complots en tout genre, les manipulations régionales et ethniques”, confie-t-il au Monde Afrique.

“Il avait disparu des radars depuis quelques années. S’il réapparaît, c’est parce que les chefs de guerre profitent de la crise et se positionnent pour continuer d’exister”, ajoute-t-il.

Même si l’ancien ambassadeur et ministre pendant huit ans sous Joseph Kabila continue de faire rêver les opposants à Kinshasa en raison de ses connections, le Rassemblement préfère quand même prendre des distances, du moins officiellement, avec son plan armé.

“C’est un félin, un passe-muraille, décrit le député Olivier Kamitatu, ancien rebelle lui aussi. Il a un instinct politique pur, une rare intelligence des alliances, et tire toujours son épingle du jeu. Mais il faut renoncer à la tentation de la guerre, car Kabila n’attend que ça”.

Quoique, “Mbusa” continue de mûrir son plan auquel il veut associer des puissances régionales. Un dessein qui trouve écho dans ses rencontres avec des autorités ougandaises, tanzaniennes, et même onusiennes, confie-t-il au Monde.

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