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Migrants africains d'Israël : "Ce sont des êtres humains, pas du bétail", déplore le président érythréen

Migrants africains d'Israël : "Ce sont des êtres humains, pas du bétail", déplore le président érythréen

Erythrée

Une sortie rare sur un sujet qui touche particulièrement son pays : l’Erythrée. Isaias Afwerki, le chef de l’Etat érythréen a exprimé son mécontentement face au plan d’extradition de migrants africains mis en place par Israël, estimant que ses compatriotes valent plus que les 3 500 dollars qui leur sont promis.

Mercredi, Isaias Afwerki accordait une interview à un site en ligne pro-gouvernemental. Occasion pour le dirigeant érythréen de revenir sur une controverse directement liée à son pays. Le cas des migrants africains – à majorité composés d‘Érythréens – menacés d’expulsion par Israël et qui crée des vagues depuis plusieurs semaines.

Mais pour l’homme fort d’Asmara, le problème ne se trouve pas tant au niveau de la déportation de ces migrants, mais plutôt autour de la compensation qu’ils recevront de Tel-Aviv après avoir payé “un prix élevé” aux trafiquants d‘être humains.

“Ils ont besoin d’une compensation équitable pour commencer une nouvelle vie dans leur pays d’origine”, argue-t-il. En effet, selon M. Afwerki, bon nombre de migrants qui ont fui leur pays l’ont fait pour organiser une opposition armée et non pour échapper au régime restrictif d’Asmara, accusé de contraindre les hommes à un service militaire forcé, proche de l’esclavage.

Ce sont des êtres humains, pas du bétail. Aucun pays ne peut revendiquer la responsabilité légale de recevoir nos citoyens

Le président Afwerki a dès lors déclaré que tous ceux qui souhaitent rentrer chez eux “ont le droit de le faire” et que l’Erythrée a offert d’enregistrer tous ses quelque 20 000 migrants, mais les autorités israéliennes ont refusé.

Le 1er avril, Israël envisage de commencer à expulser les migrants africains, dont certains sont dans le pays depuis des années. Un premier plan d’expulsion a déjà permis le départ de 20 000 migrants soit volontairement – via un programme américain – soit avec l’encouragement du gouvernement israélien, qui offrait à chacun environ 3 500 dollars et un billet d’avion pour partir.

Mais ce nouveau plan annoncé par Israël qui concerne 40 000 migrants implique des expéditions, même forcées, vers un troisième pays africain, pas explicitement nommé. Mais pour les organisations de défense des droits des migrants, il s’agit du Rwanda et de l’Ouganda.

“On nous dit qu’ils seront expulsés vers n’importe quel pays qui peut les accepter”, rétorque Isaias Afwerki. “Ce sont des êtres humains, pas du bétail. Aucun pays ne peut revendiquer la responsabilité légale de recevoir nos citoyens”, a-t-il conclu sur la question.

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