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Tunisie : reprise annoncée des manifestations contre l'austérité

Tunisie : reprise annoncée des manifestations contre l'austérité

Tunisie

Après quelques jours de répit, des Tunisiens opposés à la vie chère en passe de redescendre dans la rue. Les leaders du mouvement Fech Nestanew (Qu’est-ce qu’on attend) viennent d’annoncer de nouvelles manifestations. Et la première aura lieu ce jeudi soir.

Ils ont beau plier. Mais, ils sont loin de rompre. Dans une conférence de presse animée ce jeudi à Tunis, des leaders du Fech Nestanew (Qu’est-ce qu’on attend) ont annoncé la reprise des manifestations contre la loi de finances 2018. « C’est une campagne menée par des jeunes, nous sommes mobilisés sur cette campagne, même si nous avons des opinions divergentes », a déclaré Hamza Labidi l’un des porte-parole du mouvement.

Dès son adoption par le Parlement tunisien, cette loi de finances a provoqué de graves remous sociaux. Le 8 janvier dernier, des milliers de Tunisiens sont descendus dans les rues de Tebourba à quelque 35 km de Tunis afin de protester contre la flambée des prix provoquée selon eux par cette loi de finances. En raison de la majoration de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Conséquence, les ménages tunisiens devraient débourser près de 100 euros par mois.

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Ainsi, la colère des manifestants a été telle que le collectif Fech Nestanew a gagné plusieurs villes tunisiennes comme Sidi Bouzid, Meknassy, Kasserine, Thala et Gafsa. Au point de virer aux heurts entre manifestants et forces de sécurité. Des affrontements qui ont officiellement fait un mort. Selon des sources officielles, Khomsi El Yeferni aurait inhalé le gaz lacrymogène.

Plus de justice, pas de répression

Pour apaiser le courroux des Tunisiens, le gouvernement du président Essebsi a annoncé en mi-janvier, des mesures sociales en faveur des plus démunis. « Qu’est-ce que c’est que ce plan pour la protection sociale ? Il repose sur trois éléments. Premièrement, garantir un revenu fixe pour les familles les plus nécessiteuses et dont aucun membre ne travaille. Deux, garantir une couverture médicale à tous les Tunisiens, sans exception. Enfin, procurer ou aider à l’acquisition d’un logement aux familles les plus démunies », avait déclaré Mohamed Trabelsi, ministre tunisien des affaires sociales.

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Mais, des mesures jugées insuffisantes. Fech Nestanew entend donc poursuivre ses manifestations. Deux grands rassemblements devraient donc être organisés. Le premier, ce soir du 25 janvier devant le théâtre municipal. Le deuxième aura lieu demain dans l’après-midi devant l’Assemblée des Représentants du Peuple au Bardo. Le choix du Bardo fait référence à la manifestation du jeudi 25 janvier 1978 quand un soulèvement populaire couplé à une à grève générale lancée par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) fut « violemment » réprimé par le gouvernement du président Habib Bourguiba. C’est ce qu’on appelle ici “Jeudi noir”.

Des pratiques connues sous le régime Ben Ali marqué lui aussi par des répressions et de multiples privations. Pour Fech Nestanew, il faut rompre avec ces époques, car les manifestants réclament la libération des militants arrêtés lors des manifestations, quelles que soient les charges qui pèsent sur eux et surtout l’ouverture d’une enquête sur la mort de Khomsi El Yeferni, car la thèse de l’inhalation du gaz lacrymogène par le militant leur paraît peu convaincante.

Reste à savoir quelle réponse donnera le gouvernement tunisien à ces manifestations au relent révolutionnaire à l’instar du mouvement qui a provoqué la chute de Ben Ali en 2011.

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