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Mali : un conflit social d'envergure ébranle la société de sécurité G4S

Mali : un conflit social d'envergure ébranle la société de sécurité G4S

Tsunami annoncé au sein de G4S, l’une des plus importantes sociétés de sécurité au Mali. Avec un personnel estimé à 1.500 personnes, c’est plus d’un tiers de l’entreprise qui risque de se voir éjecté. Le motif de cette mesure drastique ? La faute grave. De quoi s’agit-il au juste ?

La direction de G4C accuse ses employés d’avoir purement et simplement abandonné leurs différents postes. Affirmation rejetée d’un coup sec par les employés, qui laissent plutôt entendre qu’ils ont agi ainsi après avoir eu recours à mot d’ordre de grève. Disposition à laquelle ils ont d’ailleurs droit.

A l’origine de ce langage de sourds, une prime de 40.000 F CFA (environ 63 euros) par mois que réclament les employés à leur direction. Les salariés en rogne se sentent mis à l‘écart, accusant leur hiérarchie de tourner le dos au dialogue.

Tout ça, c’est pour décourager les gens qui réclament leurs droits !

Mamadou Sidibé, le secrétaire syndical CSTM pour la société G4S : « ils ont toujours fermé les portes pour la négociation. C’est ça qui nous a poussés à aller en grève. Et nous n’avons rien fait, sauf observé le mot d’ordre de grève seulement. Tout ça, c’est pour décourager les gens qui réclament leurs droits ! »

Les contestataires ont déposé toute une batterie de préavis de grève pour prévenir quant à leur mouvement d’humeur. L’un de ces préavis s‘étentdait du 31 décembre 2017 au 2 janvier 2018. Cependant, il y a un hic ; le tout dernier préavis mentionné ne serait pas légal. Conséquence ? La société de gardiennage a dû essuyer de gros ennuis dans le pays.

Explication avec Bertrand Duffaut, le responsable de G4S au Mali : « donc on a eu à constater que des maisons avaient été abandonnées, que des agents avaient quitté leur poste sans avertir le G4S, des clés ont été jetées, certains portails ont été fermés, d’autres pas du tout. On s’est retrouvé le premier soir avec 270 personnes ayant abandonné leurs postes. On a quand même une responsabilité, en termes de sécurité, de nos clients. »

Houday Ag Mohammed, le directeur de l’inspection du travail, revient sur l’aspect illégal de cette grève. Il fait savoir qu’une procédure de conciliation était en cours, au moment où les employés de G4S ont décidé d’entrer dans la phase active de leur mouvement d’humeur.

L’article 231 du code du Travail, véritable force pour l’employeur

En clair, le code du Travail malien interdit toute grève, lorsque ladite procédure de conciliation est lancée. Et cela est libellé comme suit en son article 231 :

L’Article L.231 du Code du Travail dispose que le lock-out et la grève sont illicites pendant la procédure de conciliation et dès qu’une décision arbitrale a acquis force exécutoire. Mais si la grève est illicite, c’est-à-dire pratiquée en violation des dispositions de l’article cité ci-haut, elle entraîne pour les travailleurs la rupture du contrat pour compter du jour de la cessation du travail, sans autres droits que le salaire et l’indemnité de congés payés acquis à cette date.

L’article, on le voit, donne force à l’employeur et provoque la perte du travail chez l’employé. Mais l’affaire n’est pas pour autant gagnée d’avance pour la direction de G4S. L’inspection malienne du travail qualifie d’ « inédite et inconfortable » cette situation. Nous y reviendrons dès que possible.