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Burundi : fin officielle du concubinage

Burundi : fin officielle du concubinage

Burundi

Il souffle comme un vent nouveau dans les allées qui serpentent les cases de Gihanga, un village de l’ouest du Burundi.

Dans cette bourgade comme dans l’ensemble du pays, Jeanine et Cyprien, à l’image de nombreux couples naguère en union libre, viennent juste de convoler en justes noces.

Une recommandation du président Pierre Nkurunziza qui avait donné jusqu’au 31 décembre 2017 aux couples vivant en union libre pour se marier.

Quand vous régularisez le mariage, la cohabitation devient très bonne, les échanges dans le couple sont bons, et le mari ne pense pas à chercher une autre femme, parce que la femme est protégée par la loi

Devant les cameras de télévision, l’initiative destinée à réduire l’omniprésence du concubinage dans la société burundaise semble appréciée des deux conjoints.

“Après régularisation, je me suis senti heureux. Même les conflits ont cessé. Quand je rentrais du travail, je lui donnais 2000 ou 3 000 francs burundais (environ 2 $), et elle me disait que c’est peu et que je suis allé gaspiller l’argent dans la prostitution, chez les concubines”, affirme Cyprien.

“Mais aujourd’hui, on s’entend bien. Et nous avons même fait des efforts pour construire une maison, cultiver des champs. Vraiment, on ne se cache rien. Mais avant quand je rentrais tard, elle disait que j’étais chez d’autres femmes, les concubines”, a-t-il ajouté.

“Quand vous régularisez le mariage, la cohabitation devient très bonne, les échanges dans le couple sont bons, et le mari ne pense pas à chercher une autre femme, parce que la femme est protégée par la loi”, rétorque de son côté Jeanine. “Après régularisation, j’ai beaucoup gagné parce qu’avant, il y avait des conflits entre nous, et il me disait qu’il peut même me chasser et se marier à une autre. Mais aujourd’hui, c’est fini, je me sens vraiment chez moi”, ajoute-t-elle, heureuse.

Malgré ces témoignages plutôt positifs, la mesure du gouvernement burundais est froidement accueillie par les organisations de défense des droits de l’homme qui y voient une atteinte à la liberté individuelle de deux adultes qui ont décidé de vivre ensemble sans se marier.

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