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RDC : qui a divulgué les secrets de la stratégie électorale du parti au pouvoir ?

RDC : qui a divulgué les secrets de la stratégie électorale du parti au pouvoir ?

République démocratique du Congo

Les services de sécurité de la RDC tiennent à démasquer la personne qui a transmis à Jeune Afrique (JA) l’enregistrement sonore des conversations des membres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de Joseph Kabila, sur la stratégie à mettre en œuvre pour qu’une loi électorale contestée soit finalement adoptée.

Les faits remontent au 25 novembre dernier. Dans un contexte de crise politique aigue, des membres les plus influents du PPRD s‘étaient réunis pour débattre d’un projet de loi électorale dont la spécificité est la notion du « seuil de représentativité » lors des législatives. Autrement dit, les partis politiques ou candidats indépendants sont tenus de « dépasser 3% du nombre total de suffrages valablement exprimés » sur le plan national pour remporter des sièges à l’Assemblée nationale.

Les membres du présidium soupçonnés?

Ce qui, mathématiquement obligerait les formations politiques à se regrouper pour constituer des coalitions, ainsi que l’avait expliqué Corneille Naanga, président de la commission électorale au début de la réunion. Une loi qui, même si certains partis de la Majorité l’ont contestée, devrait aider le parti de Kabila à « conserver sa mainmise sur le processus électoral », selon JA.

Mais, la publication de ces conversations par l’hebdomadaire semble avoir agacé les services de renseignements congolais qui, ces derniers temps, font feu de tout bois pour découvrir l’auteur ou les auteurs de cet enregistrement ayant révélé les secrets de la stratégie électorale du régime de Joseph Kabila.

Compte tenu de leur qualité, ces sons ne peuvent avoir été recueillis que par des personnes qui menaient les échanges

Et d’ores et déjà, les soupçons pèsent sur certaines hautes personnalités ayant animé la réunion. « Compte tenu de leur qualité, ces sons ne peuvent avoir été recueillis que par des personnes qui menaient les échanges », explique une source proche du dossier citée par JA. Partant de cette hypothèse, des observateurs pourraient tourner leurs regards vers Henri Mova Sakanyi, secrétaire général du PPRD et Aubin Minaku, chef de la majorité présidentielle et président de l’Assemblée nationale, ainsi qu’Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre de l’Intérieur qui étaient au présidium ce samedi-là.

Et le sort des éventuels coupables?

Mais, en attendant la fin des investigations, des internautes raillent correctement l’initiative des services de renseignements. En effet sur les réseaux sociaux, beaucoup de Congolais s’interrogent sur l’opportunité de cette enquête d’autant plus que c’est une affaire relevant d’un parti politique et que les services de sécurité sont censés être neutres.

Quitte à déduire que l’institution est au service du parti au pouvoir plutôt que du peuple. « Pourquoi le service de sécurité doit s’ingérer dans les affaires internes d’un parti politique qui est à la commande ? Cela prouve combien le service est à la merci de ce dernier et lui rend compte de ces actions », peut-on lire sur un tweet.

D’autres redoutent une issue dramatique pour ceux qui seront reconnus coupables. « Ils seront zigouillés (tués, NDLR). On connaît bien les habitudes de la maison », lance un autre tweet.

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