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RDC : Kinshasa en deuil sous la menace d'une épidémie de choléra

RDC : Kinshasa en deuil sous la menace d'une épidémie de choléra

République démocratique du Congo

Outre les quelque 44 morts, les récentes inondations de Kinshasa ont dû aggraver les facteurs de propagation du choléra qui a déjà touché plus de 220 personnes dont 20 morts depuis son apparition en novembre dernier dans la capitale de la RDC.

Lundi et mardi ont été déclarés jours de deuil national, le président congolais Joseph Kabila. Un deuil national à la mémoire des quelque 44 personnes qui ont péri du fait des inondations et éboulements provoqués par les pluies qui se sont abattues dans la nuit du 3 au 4 janvier à Kinshasa.

“Je suis venu me rendre compte par moi-même des dégâts”, a déclaré lundi son Premier ministre, Bruno Tshibala, les traits tirés derrière ses lunettes fumées dans les communes populaires de Bandal et Kitambo, au coeur de la mégapole de dix millions d’habitants.

Le Premier ministre et son épouse ont croisé sur leur chemin Elysée Kalomba, veuve d’une cinquantaine d’années, mère qui a perdu cinq enfants dans les inondations, selon son voisinage.

Avec l'épidémie de choléra, ces excréments en suspension peuvent être la source d'une plus grande contamination

Drame sous les yeux du voisin

“Vers deux heures de matin, jeudi, j’ai été réveillé par un bruit assourdissant. J’ai accouru. Nous sommes montés sur la toiture que nous avons défoncée. Nous avons tiré la jeune fille qui a dit tout de suite : mes frères sont déjà décédés”, raconte-t-il à l’AFP. Avec des jeunes du quartier, il sortira les cinq corps.

Au loin, on aperçoit d’autres maisons aux toitures éventrées pour “sauver des gens pris en otage par les eaux”, explique John Bompengo. L’eau est rapidement montée de deux mètres.

La mère éplorée, réconfortée par la femme du Premier ministre, a remercié entre deux sanglots “les autorités pour l’assistance” qu’elles disent apporter aux proches des victimes.

Depuis vendredi, les autorités locales et nationales ainsi que la télévision d’Etat, souvent moins bavardes sur de événements à chaud, communiquent régulièrement sur le bilan et l’assistance aux victimes.

Dimanche, le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, a remis des enveloppe aux proches des victimes sous l‘œil des caméras de la RTNC. “Nous avons remis l‘équivalent en francs congolais de 2.000 dollars pour chaque personne tuées”, a affirmé à l’AFP une source proche du gouverneur.

Le coût des obsèques représente une charge pour les familles touchées, souvent modestes, qui s‘étaient installées en zones inondables, faute de moyens pour aller ailleurs malgré les interdictions.

Mais, il est fort possible que d’autres pluies meurtrières tombent. Dimanche, par exemple, de nouvelles pluies ont fait quatre morts à Mont-Ngafula, une autre commune populaire de Kinshasa, a indiqué une source proche du gouverneur.

Des repaires du vibrion cholérique

Cinq jours après, dans la maison des cinq enfants noyés, les lieux portent encore les traces de la tragédie : des ustensiles de cuisine, des habits, des meubles, des appareils électroménagers et des détritus trempent dans des eaux stagnantes, boueuses et verdâtres.

Des jeunes gens creusent des sillons pour canaliser les eaux boueuses, à mains nues. Partout, des excréments en suspension dégagent une odeur insupportable après la rupture des fosses septiques. Les inondations interviennent alors que Kinshasa vit sous la menace d’une épidémie de choléra, avec 220 cas et 23 décès depuis novembre dernier. “Avec l‘épidémie de choléra, ces excréments en suspension peuvent être la source d’une plus grande contamination”, redoute Julio Iponge, un infirmier d’une cinquantaine d’années, par ailleurs propriétaire de la propriété où les cinq enfants sont morts.

La crainte de Julio est loin d‘être anodine, moins encore fantaisiste. L’agent pathogène du choléra, la bactérie Vibrio cholerae ou vibrion cholérique pourrait se propager davantage dans la ville à travers ces eaux usées contenant des excréments humains avant d’atteindre des produits alimentaires dont les légumes ou les poissons.

De quoi nourrir des craintes d’une épidémie de choléra dans la troisième plus grande ville d’Afrique. À moins que les autorités kinoises prennent des mesures anticipatives radicales et efficientes pour réduire les risques de propagation de cette maladie dite des mains sales.

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