Nigéria
Les patients africains ont deux fois plus de risque de mourir après une intervention chirurgicale, que ceux dans le reste du monde. Cette tendance révélée dans un récent rapport publié dans “The Lancet” met en lumière les inconvénients qui résultent “d’un manque de personnel médical”, suggèrent les scientifiques.
Pourtant, les patients africains ont quelques atouts de leur côté : ils sont plus jeunes et subissent des chirurgies électives, c’est-à-dire moins lourdes et moins urgentes.
Mais, il se fait que le manque de suivi postopératoire, notamment en cas de complication peut s’avérer fatal, surtout que “près d’un patient sur cinq en Afrique a des complications après une opération. Et c’est ce que ces scientifiques expliquent en chiffres.
Ainsi, au cours de cette étude réalisée par 30 chercheurs dans 25 pays du continent dont l’Algérie à l’Afrique du Sud, le Sénégal ou encore les deux Congo, les chercheurs soulignent qu’un peu plus de 18 % des patients africains hospitalisés présentaient des complications suite à une intervention chirurgicale, tandis que 1 % des patients hospitalisés sont décédés à l’hôpital dans les 30 jours suivant leur opération – deux fois la moyenne mondiale.
De l’avis du professeur Bruce Biccard, principal auteur de l‘étude, la source du problème réside dans “une pénurie de main-d’œuvre et de ressources [qui] aboutit à une chirurgie moins sûre dans la région. Pour améliorer ces résultats, elle appelle à une amélioration de la surveillance des patients pendant et juste après leur opération”.
Aujourd’hui, l’Afrique compterait 0,7 spécialiste de la chirurgie (chirurgiens, obstétriciens et anesthésistes) pour 100 000 habitants, loin des 20 à 40 recommandés par l’OMS. Alors que seules 212 opérations sont réalisées par an, pour 100 000 habitants, soit “20 fois moins” que nécessaire pour couvrir les besoins vitaux d’une population, cela met en évidence un autre problème : beaucoup de personnes qui ont besoin d’une intervention chirurgicale pourraient ne pas y avoir accès.
Pour les chercheurs du rapport, si les opérations chirurgicales peuvent parfois constituer des problèmes, “l’absence de chirurgie en Afrique représente un tueur silencieux qui fait probablement plus de victimes”.
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