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RDC : les forces de sécurité ont soutenu la violence meurtrière d'une milice au Kasaï - FIDH

RDC : les forces de sécurité ont soutenu la violence meurtrière d'une milice au Kasaï - FIDH

République démocratique du Congo

Plus d’une centaine de personnes ont été tuées dans des hôpitaux, dont des femmes enceintes et des enfants, au Kasaï. Ce massacre, imputé à une milice congolaise, aurait reçu le soutien de l’armée, dénonce un rapport du FIDH.

L’armée congolaise se serait fait le support d’une extrême violence au Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo. Dans cette région où sévit depuis plusieurs mois une crise humanitaire sans précédent, la milice Bana Mura, soutenue par les forces armées congolaises, a saccagé un hôpital et tué plus d’une centaine de personnes dont des femmes enceintes et des enfants.

Un massacre perpétré le 24 avril 2017 dans le village de Cinq, situé à quelques kilomètres de la frontière angolaise, et qui comptait alors une dizaine de milliers d’habitants. Les miliciens ont également attaqué cette année une douzaine de villages, à la machette et à l’arme à feu. Ces informations sont consignées dans un rapport de la Fédération internationale des droits de l’homme, qui dénonce une “instrumentalisation” des violences par le pouvoir congolais dans le Kasaï.

À en croire le FIDH, les milices ont déferlé dans le village dans l’objectif d’y éliminer les civils, appartenant principalement à l’ethnie Luba, à l’initiative et avec le soutien de l’armée et de la police congolaises.

Leur niveau d'organisation et de planification révèle une stratégie délibérée de terreur et de destruction (...) La cruauté des abus laisse peu de doute quant au but poursuivi : terroriser, détruire et forcer les populations Luba à fuir...

Victimes collatérales du maintien au pouvoir de Kabila

Depuis août 2016, la région du Kasaï est sujette à des violences qui ont déjà fait des milliers de morts et plus d’un million de déplacés. Il y a plusieurs mois, l‘Église catholique a signalé plus de 3 300 morts et les Nations unies, au moins 87 fosses communes. Dans son rapport, le FIDH suggère ainsi que la crise kasaïenne est un stratagème du président Joseph Kabila pour conserver le pouvoir “par le chaos et la diversion”.

“Leur niveau d’organisation et de planification révèle une stratégie délibérée de terreur et de destruction (…) La cruauté des abus laisse peu de doute quant au but poursuivi : terroriser, détruire et forcer les populations Luba à fuir, accusées de complicité dans les crimes commis par la milice Kamuina Nsapu et de soutenir l’opposition au régime de Joseph Kabila”, indique le rapport.

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Plusieurs Congolais interrogés dans le cadre de ce rapport ont affirmé qu’entre mars et août, elles ont vu des villages détruits à l’artillerie lourde, des hôpitaux et des lieux de culte attaqués et des personnes exécutées, torturées et mutilées. Des survivants des attaques ont par ailleurs indiqué avoir été poursuivis jusqu‘à la frontière alors qu’ils tentaient de se réfugier dans la brousse.

La Fédération internationale des droits de l’homme affirme détenir une liste confidentielle de 50 membres de l’armée, de la police et des services de renseignements congolais et des membres de la milice Bana Mura soupçonnés d’avoir commis des crimes, qu’elle pourrait mettre à disposition dans le cadre d’une enquête impartiale.

Le groupe appelle dès lors les autorités congolaises à “mettre fin immédiatement aux violations graves des droits de l’homme commises au Kasaï”.

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