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Sommet Ue-Ua : Abidjan pourrait redonner l'espoir aux jeunes

Sommet Ue-Ua : Abidjan pourrait redonner l'espoir aux jeunes

Union européenne

Chômage, perte des valeurs morales, immigration clandestine….C’est vraisemblablement sur ces questions qui touchent beaucoup plus les jeunes que réfléchiront les chefs d’Etat et de gouvernement lors du cinquième sommet Union européenne-Union africaine du 29 au 30 novembre à Abidjan.

Quelque 5000 participants constitués de 110 délégations, 83 chefs d’Etat et de gouvernement, 55 pays d’Afrique et 28 d’Europe, ainsi que des représentants d’organisations internationales telles que l’Onu. Le Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire de la capitale économique ivoirienne paraît assez petit pour contenir un monde aussi immense. Mais, pas de souci, les quinze mois de préparation ont permis de prendre en compte tous les aspects logistiques de ce cinquième sommet Ue-Ua, marquant les 17 ans de partenariat entre les deux organisations continentales ayant en partage la mer Méditerranée.

C’est justement cette même Méditerranée qui aura noyé ces dernières années, de nombreux fils d’Afrique tentant de rallier l’Europe pour fuir le chômage (environ 31%), en dépit d’une croissance frisant les 5% et échapper entre autres aux violences politiques, aux violations des droits de l’homme et à l’absence d’une vraie démocratie.

Destins communs

Mais, outre Méditerranée, ce sont quasiment les mêmes problèmes. Si la démocratie et le respect des droits de l’homme ont connu durant le 20e et le début du 21e siècle des avancées significatives, le chômage reste un point noir de l’Ue. En juillet dernier par exemple, Eurostat (institution de la Commission européenne chargée de l’information statistique) estimait le taux de chômage à 7,7% au sein de l’organisation des pays signataires du Traité de Maastricht en 1992.

Comme sa consœur Ua, l’Ue semble dépassée par une jeunesse qui lui fait martel en tête sur le plan sécuritaire. Des pays comme la Belgique et la France font régulièrement face à des actes terroristes perpétrés par leurs propres jeunes qui se radicalisent surtout via des réseaux sociaux.

C’est quasiment avec le même défi, celui de redonner l’espoir à des jeunes visiblement désespérés et en proie à plusieurs fléaux que l’Ue et l’Ua vont se retrouver ce mercredi à Abidjan. Tant les dirigeants et experts des deux organisations ont résolu de placer leurs cinquièmes retrouvailles du genre (le premier sommet Ua-Ue s‘était tenu en 2000 au Caire) sous le thème « Investir dans la jeunesse pour un développement durable ».

Comme en 2014

Un thème dont l’examen approfondi devrait aider à réfléchir sur des mécanismes d’intégration des jeunes à travers des programmes de reconversion comme le désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) en Centrafrique. À l’heure où la jeunesse des deux continents est aux avant-postes dans la création des startup, l’Ue et l’Ua gagneraient à jouer le rôle de promotrices de ces microentreprises émergentes, creusets d’emplois sûrs et durables afin de jeter les bases d’un avenir radieux pour les jeunes. Ce qui éviterait des scénarios dramatiques de la Méditerranée.

En attendant les conclusions, le sommet d’Abdidjan semble s’inscrire dans la continuation des retrouvailles de Bruxelles il y a 3 ans. Placé sous le thème «Investir dans les personnes, pour la prospérité et pour la paix», ce sommet qui s‘était déroulé du 02 au 03 avril 2014 a débouché sur « une feuille de route 2014-2017 définissant les stratégies de promotion de la coopération dans plusieurs secteurs clés. Le cas de la paix et la sécurité, la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de l’homme, le développement humain, le développement et la croissance durables et
inclusifs et l’intégration continentale.

Et durant ces trois dernières années, des résultats encourageants ont été enregistrés. Des Ong africaines ont bénéficié d’importants financements pour l’exécution de leurs projets. C’est le cas du Centre de ressources pour la presse (CRP) du Congo.

Grâce à un financement de l’Ue, cette Ong qui regroupe des journalistes de différents organes de presse tant publics que privés aura réussi l’exécution de son projet « Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté ». Un programme qui a permis de produire en 3 ans près de 500 émissions radio et articles qui ont mis en lumière les problèmes réels des femmes rurales congolaises.

L’espoir n’est pas interdit

Dans le cadre du maintien de la paix, l’Ue aura été durant ces trois dernières années aux côtés de l’Ua, notamment à travers des missions de formation militaire de l’Union européenne (EUTM, European Union Training Mission) afin de renforcer les capacités des pays en proie à la violence et au terrorisme comme le Mali et la Centrafrique. Des initiatives dont les résultats bien que mitigés ont été salués par des observateurs évoquant le réalisme des engagements pris par l’Ue au sommet de Bruxelles en 2014.

Un pragmatisme dont l’Ue pourrait encore faire preuve à l’issue de la rencontre d’Abidjan avec l’Ua. Pour qu’un nuage d’espoir souffle enfin sur la jeunesse africaine. Et même européenne.