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Soudan : le chef d'une milice du Darfour arrêté

Soudan : le chef d'une milice du Darfour arrêté

Soudan

Fin de cavale pour Moussa Hilal. Le puissant chef d’une milice du Darfour accusé par l’Onu d’atteintes aux droits de l’Homme dans cette région en conflit vient d‘être arrêté par les forces du Soudan. Selon Khartoum, il sera mis à la disposition de la justice.

L’information a été donnée ce lundi par l’agence officielle Suna. Moussa Hilal, un ancien allié du président soudanais Omar el-Béchir dans la lutte contre les rebelles au Darfour, a été arrêté par une unité des Forces de soutien rapide (RSF) près de son domicile de Mustariaha (ouest du Soudan), selon Suna, qui cite le ministre de la Défense, Ali Mohamed Salem.

Au moins un de ses fils —Habib—, a également été appréhendé, d’après l’agence officielle, qui ne mentionne pas la date précise de l’arrestation.

“Ils ont été arrêtés après des affrontements dans le secteur mais la situation sécuritaire est stable maintenant”, a dit le ministre de la Défense.

C'était un fugitif et il doit affronter la justice

Dimanche, dix hommes des RSF, dont un commandant, ont été tués dans une embuscade tendue par des miliciens fidèles à Moussa Hilal près de Mustariaha, selon l’agence officielle et ces forces contre-insurrectionnelles soudanaises.

Des accrochages ont déjà eu lieu ces derniers mois entre des hommes de Moussa Hilal, issus de la tribu arabe Mahamide, et des unités des RSF.

“Hilal a été remis aux services de renseignements pour être interrogé”, a affirmé à l’AFP Abdelrahman al-Jaaliun, un porte-parole des RSF. Il a précise que plusieurs combattants et trois fils du chef de milice ont également été arrêtés et amenés à Khartoum.

“C‘était un fugitif et il doit affronter la justice”, a ajouté M. al-Jaaliun.

Le chef des RSF, Mohamed Hamiditi, a également indiqué dans un communiqué que ses troupes avaient mis la main sur “du matériel de communication sophistiqué” appartenant aux combattants de Moussa Hilal.

“Un ressortissant étranger fait partie des personnes arrêtées, confirmant la participation de parties étrangères dans la déstabilisation de la sécurité du Darfour”, a-t-il encore souligné, sans préciser la nationalité.

Refus de désarmer

Le Darfour, région grande comme la France, est déchiré depuis 2003 par un conflit opposant des insurgés issus de minorités ethniques qui s’estiment marginalisées par le gouvernement central, dominé par les Arabes, à des forces progouvernementales.

Ce conflit a fait près de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés selon l’ONU, et vaut au président Béchir d‘être recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour des accusations de génocide et de crimes de guerre.

Si des accrochages entre diverses milices tribales sont encore signalés, le niveau général de violence a toutefois baissé ces derniers temps au Darfour.

Considérant que le conflit est maintenant terminé au Darfour —ce que des ONG contestent—, le gouvernement y a récemment lancé une opération de collecte d’armes auprès des tribus, y compris parmi celles qu’il soutient.

Moussa Hilal et ses hommes ont combattu contre les rebelles aux côtés des forces gouvernementales pendant les premières années du conflit du Darfour, avant qu’un différend n‘éclate entre Hilal et le pouvoir.

Ils refusent de livrer leurs armes et c’est dans le cadre de cette opération de collecte que des membres des RSF (une force controversée en raison de son rôle dans la répression au Darfour) ont été tués dimanche par des hommes de Hilal, selon Suna.

Moussa Hilal figure sur une liste de l’ONU de personnes sanctionnées pour avoir commis des “atrocités” au Darfour.

Il est accusé par les Nations unies, des ONG et Washington d’avoir lui-même attaqué plusieurs villages et camps de déplacés et d’avoir joué un rôle prépondérant dans la mobilisation de tribus arabes progouvernementales contre les insurgés.

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