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Démission du président de l'Etoile sportive du Sahel : une question d'honneur ?

Démission du président de l'Etoile sportive du Sahel : une question d'honneur ?

Tunisie

Le président de l’un des grands clubs africains de football Etoile sportive du Sahel (ESS) a démissionné ce lundi de son poste. Ridha Charfeddine se dit choqué des violences qui ont ponctué le match de ligue 1 tunisienne entre l’ESS et l’Espérance de Tunis (EST).

“Je ne prends pas des décisions hâtives, ma démission est bien réfléchie”, a affirmé par téléphone à l’AFP, Ridha Charfeddine.

À la fin d’un match entre l’ESS (5e du classement) et le club tunisois l’EST (1er), qui avait été interrompu durant huit minutes en raison des altercations et des violences entre les joueurs, Charfeddine avait annoncé dimanche soir à la presse son retrait de la présidence du club.

Et tout porte à croire que ce n’est pas le nul vierge (0-0) de ce match qui aura poussé Charfeddine à la démission. Bien au contraire….. “Ce qui s’est passé sur le terrain n’honore pas le football tunisien et c’est pour cette raison que j’ai décidé de me retirer de la présidence de l’ESS, avait-il dit dans une déclaration à la chaîne nationale Watanya 1.

« Ce n’est pas cette image que nous montrerions au monde entier »

“Ce match a été retransmis en direct, le monde entier nous regardait! Ce n’est pas cette image sur la Tunisie que nous voulons montrer (…), le public n’honore pas l’ESS. Qu’il cherche un autre président”, s‘était-il emporté. Le 22 è président de l’ESS a en outre annoncé la convocation sous peu d’une assemblée générale pour élire le nouveau président du club.

Ciblé en 2015 par une tentative d’assassinat par balles à Sousse, Charfeddine avait aussi évoqué sa “démission définitive” pour des “conditions inadéquates” et une “absence de financement”.

Selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, pendant huit minutes, les joueurs se sont bousculés violemment sur le terrain pendant que des policiers tentaient de les séparer. L’arbitre a exclu trois joueurs à la suite de ces altercations. D’autres vidéos montrent des supporters en colère lançant des chaises et des projectiles sur le terrain.

« Ces scénarios ont commencé à l‘époque de Ben Ali »

“C’est dommage de voir ce genre de scène sur le terrain surtout qu’environ 11 joueurs de ces deux équipes vont participer au mondial 2018”, a réagi à l’AFP Ridha Jeddi, ex-entraîneur adjoint de l’ESS.

“Classico scandale”, titrait lundi le quotidien arabophone Achourouk.
Ce genre d’incident n’est pas nouveau dans le football tunisien. Plusieurs scènes de violence avaient déjà été enregistrées ces dernières années.

Commentant une ancienne étude ministérielle, des sociologues jugent que ces violences ont pris de l’ampleur sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011) car elles étaient un moyen de “respirer” et de “protester” dans un pays muselé.

Un club au palmarès bien garni

Les joueurs des deux camps auraient déjà entterré la hache de guerre et que le corps arbitral aurait quitté le terrain sous escorte, apprend-on des sources concordantes.

Fondée en mai 1925, l’ESS a un palmarès bien garni. Le club a déjà remporté à 10 reprises le championnat tunisien de première division. Il est dix fois vainqueur de la coupe de Tunisie et cinq fois d’anciens tournois nationaux dont 3 trophées de la supercoupe de Tunisie (1973, 1986 et 1987), un titre de la coupe de la Ligue (2005) et une coupe Hédi Chaker (1965).

Sur le plan international, l’ESS est détentrice d’une Ligue des champions de la CAF (2007), de deux coups de la confédération (2006 et 2015), de deux super coupes de la CAF (1998 et 2008). Le club avait également remporté d’anciennes compétitions internationales comme la coupe du Maghreb des clubs champions (1973) et la coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe (1997 et 2003).

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