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Zimbabwe : Emmerson Mnangagwa attendu au pied du mur

Zimbabwe : Emmerson Mnangagwa attendu au pied du mur

Zimbabwe

Si Emmerson Mnangagwa est unanimement salué comme celui qui a mis fin au long règne de Robert Mugabe, des Zimbabwéens se montrent déjà pressés de voir une véritable rupture avec le système du « Vieux Lion ». Un défi de taille pour le « Crocodile ».

Comme promis quelques heures après son limogeage du poste de vice-président du Zimbabwe par Robert Mugabe, Emmerson Mnangagwa est finalement rentré ce mercredi après-midi à Harare. Il sera investi dans ses fonctions de Chef de l’Etat le vendredi 24 novembre.

En attendant la cérémonie de prestation de serment, le nouvel homme fort tient d’abord à s’adresser à son peuple. Et un peuple a besoin d’un discours réconfortant et rassurant. “Aujourd’hui, nous sommes les témoins du début d’une nouvelle démocratie”, a-t-il lancé, avant d’appeler “tous les patriotes du Zimbabwe (…) à travailler ensemble”.

Travailler ensemble pour mettre sur orbite une économie chancelante, un pays dont le taux de chômage frise les 90% et nourrir un peuple qui meurt de faim du fait des catastrophes naturelles (El Nino), mais surtout des réformes agraires mal exécutées. Pour Mnangagwa, il faut agir conséquemment. “Nous voulons relancer notre économie, nous voulons des emplois. Je me fais le serment d‘être votre serviteur”, a-t-il promis.

Le grand rendez-vous avec l’espoir

Dans un tel contexte, l’arrivée d’un nouveau dirigeant avec un discours aussi prometteur ne peut qu’alimenter l’optimisme des populations qui veulent en découdre avec une misère qui les plombe depuis des décennies. “J‘étais presque en pleurs en écoutant notre nouveau président. Il m’a redonné l’espoir”, a réagi McDonald Mararamire, un chômeur de 24 ans, “espérons que ses promesses se concrétisent”.

Et c’est justement cette concrétisation qui est fiévreusement attendue. “Ce que je désire ardemment, c’est que le camarade Mnangagwa, notre père, crée des emplois”, souhaite Munyaradzi Zovemhunu, 34 ans, contraint de vendre des fleurs pour vivre.

Or, l’actif de Mnangagwa est semble si lourd que beaucoup de Zimbabwéens sont loin de l’oublier si vite. « Le départ de Robert Mugabe est un soulagement. Mais il ne faut pas trop s’emballer pour lui. N’oublions pas qu’il n’est pas très propre”, avertit Patrick Moyo, un banquier de 38 ans.

Une reconversion à la Kérékou est-elle vraiment possible ?

Surnommé crocodile pour avoir mené la répression qui coûté la vie dans les années 80 aux membre de l’ethnie Ndebele dans le Matabeleland au sud-ouest et réprimé avec violence beaucoup de manifestations des opposants, Mnangagwa est considéré par des Ong des droits humains comme « l’exécuteur principal des sales besognes » de Mugabe.

Nageant désormais quasiment seul dans l’aquarium politique zimbabwéen, le crocodile s’apprête à faire face à un challenge, pas des moindres. Celui de réussir une reconversion ou repentance démocratique à la Kerekou s’il veut vraiment rompre avec le système qui l’aura façonné.

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