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Foot - Egypte : le boss du Zamalek, un parfum de dynamite

Foot - Egypte : le boss du Zamalek, un parfum de dynamite

Egypte

Caractériel, colérique… Le fantasque patron du club mythique de Zamalek, Mortada Mansour, personnage incontournable du football égyptien, détone, irrite, ou bien fascine, avec un style suscitant régulièrement la controverse.

Une bourrasque passe… “Il est ainsi. Un jour il vous crie dessus brutalement, le lendemain il vous parle avec tendresse”, confie un assistant manifestement embarrassé. Voilà de quoi camper le personnage qui va tenter de se faire réélire vendredi à la tête du Zamalek. Insaisissable.

Se retrouver à la tête d’un des clubs les plus importants d’Afrique n’est jamais le fruit du hasard. Ancien magistrat, devenu depuis député, ses coups de gueule mémorables ont su le rendre incontournable dans le paysage du football égyptien. 

A 65 ans, il défraie encore régulièrement la chronique, n’hésitant pas à insulter un avocat, à s’en prendre violemment à ses homologues et attaquer frontalement la fédération de football: une attitude qui lui offre une surface médiatique quasi unique.

Plus d’une dizaine de fois il a par exemple menacé de se retirer de la ligue après notamment des décisions arbitrales ayant défavorisé selon lui son club, lauréat de cinq Ligue des champions africaine. 

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Gestion autocratique et caractérielle

Dans le club (cinq Ligues des champions d’Afrique), le style Mansour se décline à tous les étages. Depuis son arrivée à la tête du club en 2014, le siège, situé dans le quartier branché de Mohandessin au Caire, a fait peau neuve: carrelage étincelant, cafés confortables, piscines neuves et bureaux luxueux. Un rafraîchissement qui traduit aussi son ambition. 

Du charisme, ce sexagénaire grisonnant en possède indéniablement. Il suffit de voir la foule se jeter sur lui pour un selfie lorsqu’il arrive au club, blouson de cuir noir sur les épaules. 

Difficile voire impossible de lui parler. Ses relations avec la presse égyptienne sont exécrables. 

“Il est particulièrement sollicité et tendu en cette période électorale”, tente de justifier un membre de l’administration après son refus de parler à l’AFP.

C’est que l’enjeu est important pour Mansour. Il remet son siège en jeu jeudi et vendredi. Et malgré son épaisseur et sa gouaille, il n’a aucune assurance de rempiler.

Car derrière sa faconde, ses sourires, sa gestion autocratique et caractérielle a fait quelques dégâts. Son style ne plaît évidemment pas à tout le monde et il a cristallisé une opposition conséquente en interne.

Son principal concurrent, Ahmed Soliman, est d’ailleurs un ancien entraîneur du club passé au conseil d’administration de Zamalek avant de claquer la porte en 2015, après des divergences avec M. Mansour.

“Il est toujours difficile de savoir à l’avance qui va l’emporter car il y a une concurrence très rude”, assure Karim Said, un journaliste égyptien spécialiste du football. 

Plus policé, plus jeune, 54 ans, moins d’ennemis, Ahmed Soliman peut jouer sur le faible bilan sportif de Mortada Mansour.

‘Mortada dehors’

Certes, il est parvenu à signer l’un des meilleurs attaquants du championnat égyptien, Bassem Morsi, et s’est adjoint les services d’un des meilleurs gardiens du pays, Ahmed El Shenawy. Mais au final, seulement une Super Coupe et un titre de champion d’Egypte (2015) sous son règne. Trop peu pour certains supporters qui sont loin d‘être fans de Mortada Mansour.

Les relations entre les fans et l’ancien magistrat se sont notamment tendues depuis le drame survenu en février 2015 où 22 fans de Zamalek, la plupart issus du groupe des Ultras White Knights, ont perdu la vie lors d’affrontements avec les forces de l’ordre devant un stade du Caire.

Certains supporters reprochent à Mortada Mansour sa proximité avec le pouvoir et d’avoir pris fait et cause pour l’Etat dans cette tragédie. 

Preuve de la défiance d’une partie des fans du Zamalek, des hashtags “Non à Mortada Mansour” (en arabe) et “Mortada dehors” (en anglais) ont fleuri récemment sur Twitter.

“De manière générale en Egypte, on aime le public sage qui n’a pas d’opinions différentes, de volonté de changement”, répond un des membres des Ultras White Knights. Mortada Mansour non plus n’aime pas le changement…

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