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Kenya : nouveaux appels à la sécession en pleine crise électorale

Kenya : nouveaux appels à la sécession en pleine crise électorale

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Des élites de la région côtière du Kenya s’engagent de nouveau dans un bras de fer avec le pouvoir central de Nairobi. Lors d’une conférence de presse en fin de semaine dernière, le gouverneur de Mombasa et une dizaine de législateurs ont relancé le vieux débat de la sécession des comtés côtiers du reste du Kenya.

Les dirigeants de la côte kényane décrient la discrimination par le gouvernement central depuis que le pays a acquis son indépendance du Kenya de la Grande-Bretagne en 1963. Ils dénoncent également une exclusion économique et un accaparement des terres par les autres communautés kényanes.

Mais à Nairobi, on rejette ces revendications des gouverneurs de la côte dont la représentativité sur la question sécessionniste a été réduite. En effet, sur les six comtés que compte la région, quatre ne sont pas joint au mouvement. Le gouvernement central met par exemple en avant le fait que même les comtés acquis à l’opposition continuent de travailler avec la capitale Nairobi sur des projets de développement.

Aussi, la politique de décentralisation largement adoptée dans le pays a donné à chaque région une large autonomie, permettant notamment de rapprocher les populations des ressources du pays, argue le gouvernement central.

Au cœur de l'appel à la sécession, il y a l'échec des gouvernements successifs à résoudre les problèmes d'injustices foncières historiques, d'exclusion du développement, etc. Historiquement, les présidents du Kenya récompensaient souvent ceux qui leur étaient fidèles...

Au contraire, Nairobi voit en ces menaces sécessionnistes un ralliement à l’opposition de Raila Odinga qui refuse de reconnaître la victoire à la présidentielle d’Uhuru Kenyatta, en raison de supposées failles à la Commission électorale. Et ce d’autant que le porte-voix des revendications sécessionnistes est Hassan Joho, le gouverneur du comté de Mombasa qui appartient à une coalition de l’opposition formée par Odinga.

Lors de récentes manifestations en faveur de l’opposant kényan, ses partisans ont eux-aussi évoqué des menaces séparatistes si la situation restait aussi tendue. “Laissez-les diviser le Kenya” s’ils ne veulent pas organiser une autre élection, déclarait Veronica Akoth, une partisane d’Odinga dans la ville de Kisumu, un fief de l’opposition. D’autres manifestants de Kisumu scandaient “Kisumu si Kenya”, ce qui signifie “Kisumu n’est pas le Kenya” en swahili.

Le slogan est une variation de “La côte n’est pas le Kenya”, un dicton qui a pris forme au sein des communautés côtières qui expriment ainsi qu’elles sont différentes du reste de la nation est-africaine, en partie à cause de leur histoire en tant que territoire sous l’autorité du sultanat de Zanzibar.

Si la crise politique actuelle qui a fait des dizaines de morts a accentué les différends ethniques, les observateurs sont optimistes sur le fait qu’elle puisse déboucher sur une issue aussi radicale que la sécession.

Crédit Photo : une image du port de Mombasa, sur la côte kényane
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