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Congo : des enfants à l'école de l'indépendance alimentaire

Congo : des enfants à l'école de l'indépendance alimentaire

Congo

En initiant des enfants aux techniques élémentaires culturales, un agriculteur de Pointe-Noire entend épargner les générations futures de la dépendance alimentaire qui touche des villes congolaises.

Un sillon d‘à peine 1,5 mètre. Le potager a beau être petit, le luxuriant épinard qui y pousse au gré du vent de la rivière Songolo, a pourtant nourri toute la saison sèche écoulée (juin à septembre) toute la maisonnée d’André Ngoma. À la grande satisfaction de Chanelvie Kengué, 8 ans, qui a créé le petit jardin. « C’est difficile de dire jusqu‘à quel point je me sens heureuse lorsque je vois le fruit de mon travail », se félicite Chanelvie.

Une satisfaction partagée par ses parents. « Grâce à elle, ma femme a pu économiser un peu d’argent qu’elle aurait dépensé pour l’achat de l‘épinard. Mais, il n’y a pas que l‘épinard. Chanelvie nous a également produit du gombo. En tout cas, je suis content d’elle », explique André Ngoma.

Préparer les enfants à l’esprit d’initiative

Comme la dizaine d’autres enfants (6 à 10 ans) de cette partie du quartier Songolo dans l’arrondissement 4 Loandjili de la capitale économique congolaise, Chanelvie a appris des techniques culturales élémentaires auprès de celui que lui et ses collègues appellent « pépé jardin ». « C’est pépé jardin qui nous apprend à former des sillons, à semer et à arroser », indique Junior Tchibinda, 7 ans.

C'est pépé jardin qui m'a appris ça

Crépin Télinganou réunit ces deux années années en week-end et surtout pendant les grandes vacances scolaires des enfants de son quartier pour leur apprendre des techniques du maraîchage.

Pour cet agronome, la cinquantaine révolue, beaucoup d’enfants des villes du Congo se montrent désintéressés aux métiers d’agriculture. « Dans nos villes, la terre est aussi fertile que dans les campagnes. Malheureusement, les citadins ne pratiquent pas l’agriculture. On ne pense qu’aux secteurs fructueux comme le pétrole », déplore Crépin.

Un désintéressement dont la principale conséquence est telle que près de 80 % de produits agricoles consommés dans les villes proviennent de la campagne. « La bonne santé économique d’un peuple commence par sa capacité à produire soi-même ce qu’il mange. Or, tant que nous importerons nos produits alimentaires, la vie sera toujours chère en ville », constate Crépin.

Il nourrit alors l’ambition de faire aimer l’agriculture aux enfants d’aujourd’hui afin d‘épargner les générations futures de la dépendance alimentaire en ville. « Mon principal idéal, c’est de faire aimer l’agriculture dès le bas âge aux enfants de la ville pour qu’ils ne souffrent pas un jour de la dépendance alimentaire comme leurs parents aujourd’hui ».

Une philosophie à laquelle adhère des parents. « C’est une manière optimale de préparer nos enfants à l’esprit d’intiative surtout que beaucoup de Congolais entretiennent encore le mythe de la fonction publique. Voilà pourquoi j’accepte volontiers que mon enfant aille à l‘école de M. Crépin. Malheureusement, on n’arrive pas à le rémunérer », se félicite Habib Tchibinda, enseignant, père de Junior.

Et la rémunération semble être le cadet des soucis de Crépin Télinganou. L’essentiel, dit-il, c’est de « constater que des enfants qui sont ma cible pour cette iniatitive adhèrent au projet ».

Fort de ces résultats presque encourageants, Crépin entend mener des campagnes de formation dans d’autres quartiers et des écoles ainsi que dans des villes comme Brazzaville, Dolisie ou Nkayi.

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