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RD Congo - Elections en décembre 2018 : que peuvent les opposants congolais ?

RD Congo - Elections en décembre 2018 : que peuvent les opposants congolais ?

République démocratique du Congo

La tension politique est vive en RDC en raison du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila acté par le calendrier électoral publié samedi par la Commission électorale. L’opposition exige un départ sans condition de Joseph Kabila au plus tard le 1er janvier 2018, mais a-t-elle tous les moyens de sa politique ?

La Commission électorale en République démocratique du Congo vient enfin de lever le voile sur le calendrier électoral devant conduire à des élections dans le pays. Sur la pression de la communauté internationale, notamment les Etats-Unis dont l’ambassadrice avait appelé depuis la RDC à des élections en 2018, l’instance électorale a prévu organiser la présidentielle en décembre 2018.

Un chronogramme différent de celui de la Commission électorale qui avait plutôt envisagé de tenir les élections en 2019, mais bien encore de celui qu’espérait l’opposition congolaise qui n’attendait pas plus que le respect de l’accord de la Saint-Sylvestre qui prévoit entre autres des élections avant fin 2017.

Le temps de l’espoir passé, mais surtout avec plus de réalisme, les opposants au régime de Kinshasa exigent désormais une transition dès le 1er janvier 2018 sans Joseph Kabila, dont le second et dernier mandat a pris officiellement fin depuis le 20 décembre 2016.

“Ce régime prédateur veut prolonger instabilité et la misère du peuple. Nous n’acceptons pas ce calendrier fantaisiste. Stop. #Kabila doit partir”, a immédiatement réagi sur Twitter l’un des principaux responsables de l’opposition, Moïse Katumbi, samedi après la publication du calendrier.

L’opposition congolaise, un géant aux pieds d’argile

Avec son allié Félix Tshisekedi, responsable du Rassemblement – principale coalition de l’opposition – ainsi que la société civile, ils n’ont eu cesse de réclamer le départ de Joseph Kabila, dès l’expiration de l’Accord de la Saint-Sylvestre conclu sous la houlette de l‘Église catholique congolaise.

Seulement, voilà, les choses semblent plus difficiles à exiger qu‘à réaliser. Le décès de l’opposant charismatique Etienne Tshisekedi le 1er février 2017 à Bruxelles semble avoir sonné le glas de la mobilisation et de l’unification au sein de l’opposition congolaise.

Depuis la mort du vieil opposant, le Rassemblement de l’opposition qu’il dirigeait a connu quelques dissensions, contribuant à fragiliser les positions de l’opposition face à la Majorité présidentielle.

Pis encore, à l’approche de l’ultimatum de l’opposition au président Kabila, les quelques mobilisations entreprises sont violemment réprimées par les forces de sécurité, comme lundi dernier à Goma (au moins quatre civils tués et un policier). La société civile, principale initiatrice de ces rassemblements, se voit bridée à chaque sortie, notamment par des interpellations musclées.

Autre point non-négligeable, l’absence de Moïse Katumbi du pays. En Belgique depuis mai 2016 en raison de sa condamnation dans une affaire immobilière dont il conteste les fondements, Moïse Katumbi annonce son retour pour décembre, alors qu’il risque la prison dès son arrivée en RDC.

Quant à Félix Tshisekedi, autre opposant de taille à Kinshasa, il ne fait pas encore l’unanimité au sein de l’opposition. Ces derniers mois, il n’a pas réussi non plus à prouver sa capacité de mobilisation. Ses appels aux journées “ville morte” n’ont rencontré qu’un succès mitigé.

Fragilisée dans son ensemble, l’opposition congolaise devra faire preuve de beaucoup d’efforts et de tacts si elle veut atteindre ses objectifs.

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