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Kenya : des citoyens plaident pour des institutions sécurisantes

Kenya : des citoyens plaident pour des institutions sécurisantes

Kenya

Pour des Kényans « épris de paix », peu importe la personne qui sera élue demain. Le plus important est que l‘élu fasse asseoir des institutions fortes assurant l‘égalité des chances dans un pays où la lutte politique est menée sur des bases ethniques.

« Nous sommes fatigués ! », lance Gédéon Kipyator. Comme ce vendeur de journaux à Nairobi, bien de Kényans semblent aujourd’hui dépassés par la politique telle qu’elle est faite dans leur pays. Une politique marquée par des violences suite aux divisions plus ethniques qu’idéologiques.

La crise politique kényane ne date pas d’aujourd’hui. Quelques instants après l’accession du pays à l’indépendance, des divergences éclatent entre leaders politiques, notamment entre le Kikuyu Jomo Kenyatta, premier président et le Luo, Oginga Odinga, leader de l’opposition.

C'est toujours la même compétition entre les mêmes familles, les Kenyatta et les Odinga, notre pays est balkanisé, divisé (...), on ne peut plus continuer comme ça...

Malgré un petit répit connu dans les années 80 suite à la neutralisation politique de Oginga Odinga, la mise en place du monopartisme par Daniel Arap Moi et un bon début de démocratisation amorcé dans les années 90, la crise politique vire au cauchemar en 2007.

Les violences liées à la contestation des élections ce 07 décembre 2007 font plus de 1 000 morts avant qu’un accord de partage de pouvoir ne soit conclu entre Raila Odinga, fils de Oginga Odinga et le président d’alors, Mwai Kibaki.

Certes, la présidentielle de 2013 s’est déroulée dans un climat apaisé, mais celle de cette année risque d’enliser de nouveau le pays dans le bourbier de la violence. Or, « c’est toujours la même compétition entre les mêmes familles, les Kenyatta et les Odinga ; notre pays est balkanisé, divisé (…), on ne peut plus continuer comme ça », déplore encore Kipyator.

Une situation à laquelle les Kényans voudraient mettre fin. Et pour nombre d’entre eux, la solution est institutionnelle. Ce weekend, le quotidien « The Nation » a plaidé pour « un système plus ouvert qui donne à tout le monde une chance d’accéder aux ressources de l‘État et de participer aux prises de décision, où l’on n’est pas défini principalement par son origine ethnique et raciale ».

Une volonté de mettre fin à l’hégémonie d’une ethnie observée non seulement chez les Luo (ethnie de Raila Odinga), mais aussi au sein même des Kikuyus. « Il faut en finir avec le mythe selon lequel les Kikuyu ne sont en sécurité qu’avec un président kikuyu », plaide Njonjo Mue, avocat défenseur des droits de l’homme.

« Ça ne m’aide pas d’avoir un président kikuyu, explique Edward Irungi, d’ethnie kikuyu. Ce qui m’aiderait, c’est d’avoir un président qui me rende heureux de vivre au Kenya et qui m’apporte le développement ».

Des réflexions qui laissent entrevoir un début de prise de conscience après plusieurs pertes économiques et humaines consenties du fait des violences politiques de ces dix dernières années.

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