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Nigeria : Buhari appelle au dialogue sur le Biafra, visite ses troupes à Maiduguri

Nigeria : Buhari appelle au dialogue sur le Biafra, visite ses troupes à Maiduguri

Nigéria

Alors que le Nigeria fêtait ce dimanche le 57ème anniversaire de son indépendance, Muhammadu Buhari est revenu sur la question épineuse du Biafra, avant une visite surprise à Maiduguri, épicentre de l’insurrection de la secte islamiste Boko Haram.

L’ancien général de 74 ans s’est ensuite envolé vers Maiduguri (nord-est) pour une visite surprise à ses troupes en première ligne face au groupe jihadiste Boko Haram. Il s’agit de sa première visite dans cette partie du pays depuis son élection en 2015.

Auparavant, dans un discours diffusé dans la matinée, le président Buhari a déclaré que “les récents appels à la restructuration (de l’Etat fédéral), plutôt appropriés dans un débat légitime, ont permis à des groupes hautement irresponsables d’appeler au démembrement du pays”, dans une allusion au mouvement indépendantiste pro-Biafra.

“Nous ne pouvons pas et nous ne permettrons pas un tel plaidoyer”, a-t-il affirmé.

Le Mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (IPOB) réclame la création d’une république indépendante dans le sud-est du Nigeria, à grande majorité igbo.

Les tensions montent dans la région depuis l’arrestation en octobre 2015 du leader du groupe, Nnamdi Kanu, détenu jusqu‘à sa libération sous caution en avril dernier. Son procès pour trahison et atteinte à la sécurité de l’Etat devrait débuter à Abuja le mois prochain.

L’armée a massivement déployé des troupes dans l’Etat d’Abia début septembre, officiellement dans le cadre d’opérations de lutte contre la criminalité, mais l’IPOB a dénoncé une répression sanglante ciblant ses membres, au cours de laquelle plusieurs militants auraient été tués.

Des heurts violents ont opposé l’armée et indépendantistes dans l’Etat d’Abia et la ville pétrolière de Port Harcourt, dans l’Etat voisin de Rivers. Ces violences ont ensuite menacé de prendre une dimension interethnique plus large lorsque des troubles ont éclaté dans la ville de Jos, dans le centre du pays.

Le 15 septembre, le gouvernement d’Abuja a officiellement classé l’IPOB comme organisation terroriste.

En 1967, la déclaration unilatérale d’indépendance de cette région avait entraîné une guerre civile qui avait duré trois ans et fait plus d’un million de morts, principalement de maladies et de famine.

“En tant que jeune officier de l’armée, j’ai pris part du début à la fin à notre guerre civile tragique (…) qui a entraîné une destruction effrayante et des souffrances incalculables”, a déclaré M. Buhari.

Les militants actuels de l’indépendance “n‘étaient pas nés en 1967 et n’ont aucune idée des conséquences horribles du conflit civil que nous avons enduré”, a-t-il ajouté, prônant un dialogue “rationnel” dans le cadre parlementaire pour trouver des solutions aux crises qui divisent le Nigeria.

Première visite surprise à Maiduguri

A la mi-journée, le président Buhari a ensuite effectué une visite d’environ une heure à ses troupes rassemblées au quartier général de l’opération “Lafiya Dole” de lutte contre le groupe jihadiste Boko Haram, en périphérie de Maiduguri.

“Je vous assure que malgré mes ennuis de santé au cours des six derniers mois, je n’ai jamais oublié ce que vous représentez pour ce pays”, a déclaré le président Buhari devant des soldats.

“Les militaires resteront en première ligne jusqu‘à ce que nous soyions sûrs que les gens sont libres partout (…) dans ce pays”, a affirmé le président, précisant que la sécurité du Nigeria était “entre les mains de Dieu et de ses forces de sécurité”.

Muhammadu Buhari a passé près de six mois à Londres depuis le début de l’année (entre janvier et mars et entre mai et août) pour se soigner d’une maladie qui n’a jamais été dévoilée.

L’insurrection de Boko Haram et sa répression par l’armée – qui a par le passé été accusée de nombreuses exactions sur les civils – a fait au moins 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009.

AFP
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