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Tunisie : l'opposition dénonce une loi d'amnistie de fonctionnaires corrompus

Tunisie : l'opposition dénonce une loi d'amnistie de fonctionnaires corrompus

Tunisie

La société civile et l’opposition inquiètes pour la transition démocratique en Tunisie. À l’origine, l’adoption mercredi soir au Parlement d’une loi controversée d’amnistie d’environ 2000 hauts fonctionnaires impliqués dans la corruption sous le régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.

Dans le même temps, plusieurs ministres de l’ancien dirigeant ont rejoint des postes importants du gouvernement lors du tout dernier remaniement ministériel.

“Comment voulez combattre la corruption si aujourd’hui, il est clair que la réconciliation est mensongère et cette réconciliation n’est qu’avec les corrompus. Avec quel visage le Premier ministre va-t-il pouvoir discuter avec les citoyens et leur expliquer qu’il combat les corrompus. Alors que la loi de son patron est une réconciliation avec les corrompus et les corrupteurs et sert à encourager la corruption et les corrompus,” interroge ainsi Moncef Marzouki, ancien président tunisien et président du parti Harak Tounes Al Irada.

Pour défendre la loi, la présidence a invoqué l‘économie, disant vouloir “libérer les énergies” au sein d’une administration frileuse. Mais l’opposition estime qu’elle encourage l’impunité alors que la corruption est endémique.

Alors que le vote du Parlement continue de susciter colère et désolation sur les réseaux sociaux et chez les opposants, plusieurs députés ont déjà préparé un recours contre la loi, qu’ils jugent anticonstitutionnelle.

Présenté par le président Essebsi, mi-2015, le projet de loi prévoyait initialement l’amnistie de certaines personnalités du régime Ben Ali poursuivies pour corruption, en échange du remboursement à l’Etat des sommes indûment gagnées et d’une pénalité financière.

Face au tollé et à la mobilisation de la rue ces deux dernières années, le texte a été revu pour ne concerner que les fonctionnaires n’ayant pas touché de pots-de-vin.