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Mali : le "coupeur de mains" de Gao condamné à 10 ans de prison

Mali : le "coupeur de mains" de Gao condamné à 10 ans de prison

Mali

La justice malienne a condamné vendredi à 10 ans de prison Aliou Mahamar Touré, surnommé le “coupeur de mains” de Gao, ville du nord malien dont il était le chef de la “police islamique”.

“La Cour déclare l’accusé coupable de tous les faits qui lui sont reprochés, mais avec des circonstances atténuantes, et le condamne à une peine de 10 ans de réclusion criminelle”, a déclaré le président de la Cour d’assises à l’issue d’un procès qui s‘était ouvert vendredi matin dans la capitale malienne.

Une peine très légère au vu des actes d’accusation, selon les associations ed défense des droits humains.

“Je m’attendais quand même à une peine plus lourde. Les crimes de guerre sont établis (…) mais c’est un procès pour l’Histoire. La Cour a reconnu coupable l’accusé”, a réagi à l’issue du verdict prononcé dans la soirée un avocat des parties civiles, également président de l’Association malienne de défense des droits de l’homme (AMDH), Me Moctar Mariko.

Les quatre enfants de mon grand frère ont été arrêtés par Aliou. Il n'a pas voulu les libérer, il a coupé lui-même leurs mains et pieds. Après, il s'est promené avec les mains et les pieds.

Une peine qualifiée de lourde par la défense qui s’appuie sur les preuves qu’elle déclare ‘‘irréfutables’‘.

“Je regrette la peine infligée à mon client. On n’a pas apporté des preuves irréfutables. En outre, de gros calibres impliqués dans des crimes au nord du Mali pendant l’occupation (des jihadistes) sont à l’air libre, alors que notre client n‘était qu’un second couteau”, a pour sa part déploré un avocat de la défense, Me Tiessolo Konare.

Arrêté en décembre 2013 par les forces armées maliennes, Aliou Mahamar Touré, “l’ancien commissaire islamique” de Gao, était notamment accusé d’avoir coupé une main à des voleurs présumés et fouetté en public des femmes qui ne portaient pas le voile islamique.

“Ce n’est pas moi. Ce sont des jihadistes mauritaniens, algériens et sahraoui qui coupaient les mains”, avait-il affirmé lors d’unique audience de son procès.

Il répondait aux accusations des parties civiles qui ont défilé à la barre une bonne partie de la journée. Son procès est une première dans ce pays du Sahel où des groupes armés continuent à mener des attaques meurtrières.

Au moins huit de ses victimes présumées étaient présentes, face à un jury composé de quatre civils, du président de la cour et de deux magistrats assesseurs. 

“J’ai été arrêté parce qu’on m’a accusé de vol. Aliou et ses compagnons m’ont donné de la drogue avant de couper ma main droite”, a déclaré l’une d’elles.

Accusé également d’avoir fouetté en public des femmes qui ne portaient pas le voile islamique, Aliou est poursuivi pour “atteinte à la sûreté de l’Etat, coups et blessures, détention illégale d’armes de guerre et association de malfaiteurs”. Il risquait jusqu‘à 20 ans de réclusion.

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