Bienvenue sur Africanews

Merci de choisir votre version

Regarder en direct

Infos

news

Tchad : durcissement de la répression (témoignages); les organismes dénoncent

Tchad : durcissement de la répression (témoignages); les organismes dénoncent

Tchad

Tortures, détention au secret, manifestations interdites, des activistes de la société civile témoignent d’un durcissement ces derniers mois de la répression dans le Tchad du président Idriss Déby Itno, l’un des alliés africains de l’Occident contre les jihadistes où la ministre française des Armées, Florence Parly, se rend dimanche.

“Aujourd’hui, le gouvernement du Tchad est appuyé par les pays occidentaux au nom de la lutte contre le terrorisme. Les gens ont sacrifié la démocratie, les droits de l’homme, la bonne gouvernance, la liberté d’expression, au nom de la lutte contre le terrorisme”, dénonce Nadjo Kaina, du mouvement Iyina (“Nous sommes fatigués” en arabe dialectal).

Lui-même a été arrêté à plusieurs reprises, dont la dernière fois en avril : “J’ai été détenu au secret pendant 21 jours”, raconte-t-il, détaillant des faits relatés par l’AFP au moment de son interpellation par l’Agence nationale de sécurité (ANS, renseignement).

J'étais les pieds enchaînés, les mains menottées, et pendant l'interrogatoire, on me mettait un sac avec des piments sur la tête. Je ne pouvais pas respirer pendant trois ou quatre minutes. J'agonisais. On l'enlevait, on m'arrosait avec de l'eau, on remettait et l'interrogation continuait toujours.

L’activiste affirme qu’il a été interpellé à la suite d’un appel de son mouvement contre le chômage des jeunes, l’injustice et les privations des droits de l’homme. Après une condamnation à six mois de prison avec sursis, l’activiste ne sera finalement libéré tout comme un autre activiste d’Iyina, Bertrand Sollo, qui affirme avoir subi le même sort en détention…

Comme eux, beaucoup d’activistes ont subi le même sort. Certains ont été relaxés fautes de preuses, d’autres encore pour des raisons médicales.

Les organismes des droits dénoncent

Ces mauvais traitements sont pratiqués au secret dans des centre de détention “non-officiels”, d’après Amnesty International.

La situation n’est guère meilleure dans des prisons ouvertes aux
observateurs. “Nous avons pu constater à plusieurs reprises lors de notre passage dans ces prisons que les gens meurent par manque de nourriture, par manque de soins et pour cause de conditions déplorables d’hygiène”, affirme Mahamat Nour Ibedou, de la Convention tchadienne pour la défense des droits humains.

Des journalistes ont aussi été inquiétés ces derniers mois (un blogueur, Tadjeddine Mahamat Babouri, se trouve en détention depuis fin septembre 2016, indique Amnesty qui s’inquiétait début juillet de son état de santé). 

Les grandes chancelleries occidentales à N’Djamena (Union européenne,
France, Etats-Unis, Suisse, Allemagne) ont aussi déclaré qu’elles étaient préoccupées “par la détention de plusieurs militants de la société civile, par l’absence d’information sur les charges retenues contre eux, ainsi que sur les conditions de leur détention” dans une déclaration commune du 25 avril.

Voir plus