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Survivantes de viols, "l'armée des tantes" du Cameroun lutte contre les abus contre les filles

Survivantes de viols, "l'armée des tantes" du Cameroun lutte contre les abus contre les filles

Cameroun

Au Cameroun, un groupe de plus de 21 000 bénévoles a créé un réseau national sous l’appellation de ‘‘l’armée des tantes’‘ aide les victimes d’abus sexuels, de violence et de grossesse précoce à reconstruire leur vie.

Plusieurs filles comme Charnelle Lumière et ses collègues sont tous des survivants d’abus qui comprennent trop bien les effets traumatisants d’une telle violence.

Lumière a été violée à plusieurs reprises alors qu’elle grandissait et a été mise enceinte chez elle par un camarade de classe qui l’avait harcelée pour avoir des rapports sexuels avec lui. Elle a décidé de s‘ôter la vie en se pendant. Heureusement, son frère l’a trouvée et l’a détachée de l’arbre.

“ J’ai été violée quand j’avais 6 ans par un ami de mon frère aîné et aussi à 13 ans par mon oncle. Ces viols m’ont apporté un grand traumatisme. J’ai été rejetée et donc je n‘étais pas la bienvenue dans ma famille, conséquence, je suis tombée enceinte à l‘âge de 17 ans. Cela aussi, c‘était parce qu‘à l‘école, j‘étais constamment harcelé par un groupe de garçons qui voulaient avoir des rapports sexuels avec moi. Ils m’ont dit que j‘étais déjà violée et que je n’avais plus rien à cacher. Alors je leur ai dit que si vous aviez votre chemin, vous aidera à me quitter, alors faites-le et laissez-moi me reposer,” a déclaré Lumière.

Les défis auxquels je suis confrontée en travaillant avec les jeunes filles est de les amener à parler. Lorsque le viol se produit dans le cercle familial, il est difficile pour la victime d'en parler parce que les membres de la famille diront: c'est un problème familial et ne devrait pas s'étaler devant les étrangers

Aujourd’hui, elle est de retour et en mission pour aider une nouvelle génération de jeunes à éviter les mêmes abus.
Baptisées ‘‘RENATA’‘, les volontaires organisent des programmes de sensibilisation dans certaines parties du pays pour lutter contre les abus et les pratiques culturelles nuisibles qui ciblent souvent les filles.

“ Je pense que la première chose sera de punir ceux qui commettent ces types d’actes, que ce soit le repassage des seins ou le viol. Le gouvernement doit vraiment faire des lois et être cohérent dans la punition des personnes qui continuent à commettre ces actes, mais vous devez également vous soucier des victimes. Nous soutenons d’avantage les victimes en soutenant peut-être des organisations comme RENATA qui sont vraiment en première ligne dans ce combat. Donnez-leur les moyens de continuer à conseiller dans les communautés, la sensibilisation, le suivi des victimes et les soins aux victimes et le plus tôt.” Explique Flavien NDONKO, co-fondateur de ‘‘RENATA’‘.

Créée en 2005, l’organisation est répartie en plus de 350 groupes dans le pays ; les ‘‘tantes’‘ ont également lancé un programme de sensibilisation dans les écoles primaires, destiné aux enfants de quatre à cinq ans. Cathy ADA est la porte-parole de RENATA.

“ Le rôle d’une tante à RENATA après leur formation, est de lutter contre la violence à l‘égard des femmes dans la communauté, dans sa famille, dans son village, dans son quartier et aussi à RENATA, elle n’est plus une victime, elle devient une activiste qui va vers les adolescentes pour parler du problème.

Les tantes tiennent souvent des emplois secondaires comme coiffeuses, propriétaires de magasins, enseignantes ou gestionnaires de restaurants pour joindre les deux bouts.

Selon une étude réalisée par RENATA en 2009, près d’une femme sur 20 dans le pays d’Afrique centrale a été violée. Parmi ceux-ci, presque chaque cinquième attaque a été effectuée par un membre de la famille. Beaucoup d’autres cas ne sont plus signalés.
 

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