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RDC : L'opposition en colère contre la céni

RDC : L'opposition en colère contre la céni

République démocratique du Congo

Le principal parti d’opposition a qualifié lundi de “provocation” le report de la présidentielle et des législatives en République démocratique du Congo au-delà de 2017, annoncé par le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

“Corneille Nangaa (président de la Céni) est en train d’aider Joseph Kabila a atteindre son plan de s‘éterniser au pouvoir. C’est une provocation. Ce n’est pas responsable”, a déclaré à l’AFP Augustin Kabuya, porte-parole de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, parti historique de l’opposition).

“Nous n’allons pas nous laisser faire”, a-t-il menacé.

“Corneille Nangaa a déclaré la guerre au peuple congolais, par sa déclaration prouvant son appartenance à la Kabilie (la mouvance présidentielle)”, a posté sur son compte twitter Félix Tshisekedi, président du Rassemblement de l’opposition, le regroupement de la majeure partie de l’opposition fondé par son père, l’opposant historique défunt Étienne Tshisekedi.

Pour l’UDPS, l’accord du 31 décembre signé entre la majorité et l’opposition reste la seule référence pour sortir la RDC de la crise née du maintien au pouvoir de M. Kabila dont le mandat s’est terminé le 20 décembre.

Cet accord prévoit l’organisation de la présidentielle, des législatives et des élections locales simultanément avant la fin 2017 mais également la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition pour diriger un gouvernement d’unité nationale.

Décision illégale

Vendredi à Paris, le président de la Céni avait déclaré que l’organisation de ces scrutins ne sera “pas possible” avant la fin de l’année, “dans les conditions fixées par l’accord” du 31 décembre.

M. Nangaa avait alors souligné que cet accord prévoit que les parties signataires s’engagent à l’organisation des élections “au plus tard en décembre 2017”, mais aussi que “le Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral, le gouvernement et la Céni peuvent unanimement apprécier le temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections”.

Or, selon M. Nangaa, les conditions de sécurité dans plusieurs provinces du pays, notamment le Kasaï déchiré par de graves violences, ne permettent pas pour l’instant un déroulement correct des scrutins.

La Coalition de 33 ONG, qui exige depuis 2016 le respect de la Constitution, “condamne avec la dernière énergie cette décision unilatérale, illégale et antidémocratique de M. Corneille Nangaa qui participe subtilement [à la pérennisation] d’un pouvoir sans légitimité depuis fin décembre 2016 et aggrave la crise politique et sociale en RDC”, dans un communiqué lundi.

La Coalition appelle au rejet de cette décision et à la mobilisation des acteurs internes et aux partenaires étrangers en vue de “contraindre” la Céni au “respect” de la Constitution, en publiant “sans délai du calendrier électoral”.

Âgé de 46 ans, M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Il se maintient en vertu d’une décision controversée de la Cour constitutionnelle, entérinée par l’accord de la Saint-Sylvestre.

En 2016, l’UDPS et d’autres formations de l’opposition avaient multiplié les manifestations pour réclamer le départ de M. Kabila au pouvoir au terme de son mandat échu le 20 décembre 2016. Ces manifestations, majoritairement interdites, ont souvent été réprimées par les forces de l’ordre, entrainant la mort dizaines de personnes.

AFP

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