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De nouvelles cultures pour combattre la sécheresse

De nouvelles cultures pour combattre la sécheresse

Kenya

La sécheresse qui frappe l’Afrique de l’Est a poussé les agriculteurs à se tourner vers de nouvelles cultures alimentaires pour survivre. Avec l’aide d’organismes spécialisés comme le Fonds international de développement agricole, ils parviennent à remonter peu à peu la pente.

Il y a encore quelques années, Joyce Muthanga ne s’imaginait pas être en train de récolter du sorgho dans sa ferme. Mais, la sécheresse qui s’abat sur la partie orientale du continent a contraint cette agricultrice à Mwingi, au nord-est du Kenya, à se lancer vers d’autres cultures alimentaires pour assurer sa survie. Actuellement, elle s’est tournée à la culture de cette céréale et des haricots. « Dans le passé, nous dépendions du maïs dans cette zone au lieu du sorgho, mais maintenant, le maïs ne pousse pas et nous cherchons à augmenter notre production de sorgho. Cela se fait mieux pour la vente et pour la consommation domestique », soutient-elle.

Des cultures plus adaptées

Nous accompagnons l'agriculteur dans ce voyage où il obtient le meilleur engrais pour la ferme et nous assurons également que les agriculteurs ont reçu des compétences afin que toutes les pratiques agro-économiques soient réalisées de manière à obtenir le maximum de rendements possible.

En réalité, le sorgho reste l’une des cultures les plus adaptées au déficit de pluviométrie. Elle est polyvalente et tolérante à la sécheresse, car nécessitant trois fois moins d’eau que le maïs. De plus, il est plus nutritif, tout comme les haricots qui sont une bonne source de protéines. Avec l’absence des pluies, les cultivateurs des zones touchées par la sécheresse éprouvent d‘énormes difficultés à trouver de l’eau, devenue une denrée très rare dans ces contrées. Pour trouver le liquide précieux, ils doivent parfois parcourir de longues distances ou bien creuser plus profondément. Alors qu’elles s’appuyaient sur la pluie pour l’agriculture et l’usage domestique, aucune source sûre ne leur permet aujourd’hui de subvenir correctement à leurs besoins et d’arroser régulièrement leurs fermes. Un véritable calvaire pour ces populations de cette région qui dépendent essentiellement des activités agricoles et de l‘élevage.

Pour faire face à cette situation, le Fonds international de développement agricole (FIDA) et d’autres partenaires ont lancé en 2015 un programme concentré sur la réponse aux faibles pluies dans 13 comtés au Kenya. 24 000 agriculteurs en sont bénéficiaires, dont Joyce Muthanga. Ce programme a favorisé l’introduction de nouvelles techniques de conservation des sols et de l’eau, des pratiques agricoles plus efficaces et des cultures tolérantes à la sécheresse. « Nous commençons avec l’agriculteur dès la préparation du terrain et les diverses pratiques autour de la ferme afin de s’assurer que l’agriculteur conserve autant d’humidité que possible au niveau de la ferme, employant des pratiques comme l’agriculture de conservation afin de ne pas perdre beaucoup d’eau, explique Esther Magambo, coordonnatrice senior du programme du FIDA. Nous accompagnons l’agriculteur dans ce voyage où il obtient le meilleur engrais pour la ferme et nous assurons également que les agriculteurs ont reçu des compétences afin que toutes les pratiques agro-économiques soient réalisées de manière à obtenir le maximum de rendements possible.»

Une sécheresse toujours préoccupante

Le programme du FIDA s’est fixé pour objectif d’atteindre 185 000 petits agriculteurs au cours des sept prochaines années. Il a déjà permis aux agriculteurs dans certaines régions de doubler leurs rendements, malgré le manque de pluies, conséquence du dérèglement climatique. La sécheresse qui frappe l’Afrique de l’Est a déjà plongé environ 2,7 millions de personnes dans une insécurité inquiétante alimentaire. Elle a également entraîné une hausse des prix des produits alimentaires de base tels que le lait et les légumes, touchant profondément les consommateurs. Selon les experts, le déficit pluviométrique de l’Afrique de l’Est est la pire de la région depuis 2011. Les niveaux d’urgence risquent d‘être atteints d’ici septembre prochain, alors que de nombreuses familles ont été forcées de réduire leur nombre de repas à un seul pour pouvoir survivre.

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