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Egypte : plus de 100 sites restent bloqués pour "fake news" et "appui au terrorisme"

Egypte : plus de 100 sites restent bloqués pour "fake news" et "appui au terrorisme"

Egypte

La liste des sites bloqués en Egypte se rallonge. Ils sont aujourd’hui estimés à 114 les sites internet qui ne sont plus accessibles depuis l’Egypte, selon l’ONG Association pour la liberté de pensée et d’expression.

Officiellement, aucune note du gouvernement n’explique cette censure. Mais certaines sorties de membres du gouvernement évoquent une censure pour “fake news” et appui au terrorisme.

Du côté des militants de la société civile et des journalistes, on crie plutôt à une tentative d‘éteindre toute voix dissidente. Ils reprochent notamment au Caire de n’avoir publié aucune note judiciaire ou administrative pour justifier sa décision.

“Même dans les jours les plus sombres de l‘ère répressive de Moubarak, les autorités n’ont pas coupé l’accès à tous les sites d’information indépendants”, a déclaré Najia Bounaim, directrice des campagnes d’Afrique du Nord d’Amnesty International.

Même dans les jours les plus sombres de l'ère répressive de Moubarak, les autorités n'ont pas coupé l'accès à tous les sites d'information indépendants.

Sur la liste des sites interrompus, des sites d’informations, mais aussi des plates-formes qui peuvent être utilisées pour accéder à des sites bloqués ou qui permettent une navigation et une communication anonymes. On y retrouve Mada Masr, le journal financier Al Borsa et Huffington Post Arabic. Douze sites Web liés à Al Jazeera ont également été bloqués. La panne a également affecté Tor, le logiciel gratuit qui fournit aux utilisateurs l’anonymat en ligne.

Cette vague de censure qualifiée de “sans précédent” par la société civile, intervient alors que le pays se trouve dans un état d’urgence de trois mois après un double attentat meurtrier contre les chrétiens coptes qui a tué près de 50 personnes en avril.

L’Egypte fait également partie d’une coalition saoudienne qui a mis un blocus sur le Qatar en raison de son supposé soutien au “terrorisme” et de son ingérence dans la politique intérieure de ses voisins. Cette campagne a conduit entre autres à la fermeture du réseau de médias Al Jazeera basé à Doha qu’il considère comme un outil de propagande pour les islamistes.

Pour beaucoup de journalistes, comme Lina Attallah, éditeur du site Mada Masr, le gouvernement égyptien a su user de stratagèmes pour ne pas s’attirer le regard des organisations internationales. “S’ils avaient fait des choses plus graves comme arrêter des membres de rédactions, cela aurait fait du bruit. Alors que bloquer un site internet est la meilleure façon de nous paralyser sans en payer le prix fort”, a-t-il déclaré à Reuters.

En attendant, les éditeurs ont eux-aussi trouvé une parade : diffuser leurs informations sur leurs comptes Facebook.

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