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RDC : le centre nucléaire de Kinshasa abandonné se meurt à petit feu

RDC : le centre nucléaire de Kinshasa abandonné se meurt à petit feu

République démocratique du Congo

Kinshasa, en République démocratique du Congo. C’est sur cette colline située dans la capitale que se trouve le tout premier centre de recherche nucléaire du pays, et même de l’Afrique subsaharienne.

Construit en 1959 à l‘époque coloniale, le centre est aujourd’hui abandoné à son propre sort. Son réacteur n’a pas servi depuis des lustres et le site est désormais menacé par l‘érosion des sols.

“Nous avons un stockage ici, c’est très dangereux, ça ne doit pas être menacé par des érosions. Il en est de même pour le réacteur, il a été conçu de manière à ce qu’il puisse résister à beaucoup de choses, mais attention les érosions sont imprévisibles.” Explique Vincent Lukanda, Commissaire général à l‘énergie atomique en RDC.

Le réacteur actuel, un TRICO II d’un mégawatt, en vogue pour la recherche dans les années 1970 a été installé en mars 1973, mais ne fonctionne plus depuis 1994, faute de moyens. Plusieurs barres d’uranium ont été dérobées et depuis, le site est placé sous haute sécurité. Il fut à l‘époque l’une des victimes de l’effondrement de l‘économie nationale saignée par la dictature de Mobutu.

La république est en train d'être reconstruite et partout où vous irez vous trouverez des ouvrages en béton. C'est ainsi, nous en tant que chercheurs, nous nous sommes posé la question: 'Qu'est-ce que nous pouvons faire pour contribuer à la reconstruction du pays?.

“Dans le cadre de la sécurisation du commissariat général à l‘énergie atomique, le centre régional d‘étude nucléaire de Kinshasa, nous sommes passés à un projet pour sécuriser le site et collecter toutes les eaux de l’université afin que nous ne soyons pas menacés par les érosions. “ Selon un ingénieur sur place.

Le pays a ensuite connu deux guerres qui ont achevé de le réduire en miettes, entre 1996 et 2003, et le réacteur n’a jamais repris son activité de recherche.

Le Pr. Vincent Lukanda en charge du centre espère un redémarrage de cette centrale nucléaire pour un coût estimé à 3 millions de dollars ; et pour cela, le pays sollicite un appui de l’Agence internationale de l‘énergie atomique.

L’argent manque et l’AIEA explique qu’elle “aide les autorités congolaises à mettre sur pied un plan de démantèlement”.

Ce qui toutefois ne signifie pas que l’idée d’un démantèlement soit actée : l’AIEA recommande l‘élaboration de tels plans “pour tous les réacteurs de recherche installés (dans le monde), quelle que soit la date à laquelle ils doivent être démantelés”, précise le porte-parole de l’organisation, basée à Vienne.

Le Pr Lukanda, lui, est catégorique : le gouvernement “n’entend pas démanteler “ le centre régional de recherche nucléaire de Kinshasa (CREN-K). Au contraire, il veut “moderniser la centrale”, assure-t-il, plus de 25 ans après la mise à l’arrêt du réacteur.

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