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Burundi : économie en forte baisse faute de carburant

Burundi : économie en forte baisse faute de carburant

Burundi

Le Burundi connaît une sévère pénurie de carburants (essence et gazole) qui affecte sérieusement la vie quotidienne de la population et fait chuter l‘économie du pays déjà – très – affaiblie par une crise politique majeure qui frappe le pays depuis plus de deux ans.

C’est un cliché auquel semblent déjà habituées les populations de la capitale du Burundi. Des centaines de voitures qui attendant un probable approvisionnement de carburants devant une station-service (fermée).

“Depuis des semaines, on ne trouve plus d’essence et quand il y en a, c’est le chaos total : on voit alors des centaines de voitures, de motos ou de gens avec des bidons s’agglutiner autour des pompes”, décrit Gérard, un conducteur de moto-taxi. “La vie est devenue un véritable calvaire” ajoute-t-il.

Selon le gouvernement, la pénurie est due à un manque de devises étrangères ; les importations de carburants se font en dollars et le pays manque cruellement de billets verts, sur fond de sanctions économiques de l’UE et de ses pays membres, principaux bailleurs de fonds du pays.

L‘état a pourtant annoncé mardi un rationnement journalier par véhicule, par exemple 30 litres pour un bus de transport.

Mais les stations sont le plus souvent à sec et pour continuer à tourner, les opérateurs de bus et de poids lourds se tournent vers le marché noir, où le litre se négocie désormais autour de 4 euros (8.000 Fbu), quatre fois le prix à la pompe. À l’intérieur du pays, certaines régions n’ont pas été approvisionnées depuis plus de deux mois.

La pénurie a entraîné une hausse généralisée des prix du transport, provoquant à son tour une augmentation vertigineuse des prix des denrées alimentaires.

à bout de souffle

La pénurie a quasiment mis à l’arrêt l’activité de très nombreux artisans – coiffeurs, mécaniciens, tôliers, petits commerçants – qui ne trouvent pas de mazout pour faire tourner leurs générateurs et donc leur outil de travail.

Même la principale industrie du pays est touchée : les chaînes de production de la Brarudi (brasserie et limonaderie du Burundi), le plus gros contribuable du pays, sont à l’arrêt plus de 12 heures par jour.

“L‘État ne nous fournit pas assez d‘électricité, on ne trouve plus assez de mazout pour faire fonctionner nos groupes ou d’essence pour ramener les bouteilles vides (consignées) éparpillées à travers le pays”, explique un cadre de la société sous couvert d’anonymat, par craintes pour sa sécurité.

Le gouvernement du Burundi doit aujourd’hui près de 60 millions de dollars aux importateurs de produits pétroliers correspondant à plusieurs mois de consommation, selon l’Olucome (Observatoire de la lutte contre la corruption et les malversations économiques qui lutte contre la corruption) et plusieurs sources administratives.

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