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RDC-Minerais du sang: la "loi Obama" face à la réalité congolaise

RDC-Minerais du sang: la "loi Obama" face à la réalité congolaise

République démocratique du Congo

C’est ici dans une des mines du Sud Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo que ces dizaines de mineurs s’activent à la tâche. Ils sont principalement à la recherche de pépites d’or, particulièrement la cassitérite et le coltan deux métaux malheureusement dans le viseur des lois de régulation.

Ces derniers se plaignent des mesures internationales de régulation sur les “minerais du sang” qui rognent leurs maigres salaires.

Je ne peux pas soutenir ma famille comme il faut, parce que c’est deux dollars, en fin de compte, c’est juste de quoi manger, c’est deux dollars, ça ne fait pas d‘économies. Se plaint Byamungu Bakenga, mineur artisanal à Kalimbi

Le mineur regrette que la législation adoptée en juillet 2010 par le Congrès américain rende de plus en plus difficile la vente de minerais.

Nous avons un gros problème. Ce système de traçabilité est en train de nous tuer.

Baptisée par les mineurs “loi d’Obama”, le texte a été introduit sous l’impulsion de l’ancien président américain. La section 1502 de la loi Dodd-Frank oblige les entreprises minières cotées aux Etats-Unis à signaler l’extraction de tous les “minerais du sang” – coltan, cassitérite, tungstène et or – aux autorités de régulation.

Depuis qu’ils ont mis cette loi en œuvre, la situation a empiré, parce qu’avant on pouvait creuser cent kilos, les emmener où on voulait et les vendre à qui on voulait. Mais maintenant qu’il y a cette loi, plus rien ne fonctionne. Nous ne pouvons même pas ramener le minerai à Kalungu. Explique Ombeni Chikala, mineur artisanal à Numbi.

La loi Dodd-Frank vise selon les États-Unis à empêcher l’utilisation des revenus de leur vente pour financer les conflits entre l’armée congolaise et les groupes armés dans cette région déchirée par la guerre depuis plusieurs décennies. Elle oblige l’industrie minière à adopter un schéma de traçabilité, créé par l’entreprise anglaise ITRI, qui requiert que les minerais soient vendus selon un système d’“étiquetage”.

Les nouveaux frais imposés par les autorités de régulation aux exportateurs obligent ces derniers à acheter moins cher leurs minerais aux mineurs, estime Fidel Bafilemba, fondateur et directeur du Groupe d’appui à la traçabilité et à la transparence dans la gestion des ressources naturelles (GATT-RN), un groupe d‘études sur le secteur.

Le 21 avril, le président américain, Donald Trump, a ordonné une révision de la loi Dodd-Frank. Son abrogation serait “une tragédie pour le secteur minier artisanal de l’est de la RDC”, estime cependant Fidel Bafilemba, fondateur et directeur du Groupe d’appui à la traçabilité et à la transparence dans la gestion des ressources naturelles un groupe d‘études sur le secteur.

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