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Nigeria : la vie désespérante des habitants de Banki

Nigeria : la vie désespérante des habitants de Banki

Nigéria

La ville de Banki dans l’extrême nord du Nigeria, près de la frontière avec le Cameroun vit dans une situation humanitaire désespérante malgré la retraite des islamistes de Boko Haram.

Une ville sous haute tension, des militaires en constante alerte. Banki tente de retrouver la quiétude deux ans après le repli de Boko Haram. Mais, malgré leur départ, les islamistes continuent de semer la terreur dans cette ville du nord du Nigeria. Dulama Zarami en est l’une des dernières victimes. « Je suis sorti de la ville pour couper des arbres et ramasser du bois de feu. Mais je n’ai pas vu la bombe et elle a explosé. C’était il y a trois jours », raconte-t-il.

Banki porte encore les stigmates des combats entre l’armée et les islamistes qui ont été chassés de la localité en 2015. Mais, la retraite des djihadistes n’a pas pour autant mis fin au calvaire de ces déplacés coupés du monde et qui ne comptent que sur l’aide humanitaire pour survivre. « Aujourd’hui, nous leur donnons le BSFP, le programme de distribution de complément alimentaire, on leur donne des « plumpy sup ». On le distribue pour lutter contre la malnutrition, chaque carton est pour cinq personnes », explique Zakaria Luka, responsable de la distribution alimentaire pour l’ONG Intersos.

Le principal défi avec les déplacés ici à Banco, c’est le manque de moyens. Vous imaginez qu’il y a plus de 30 000 personnes sans emploi, sans travail, aucun projet, pas d'école. C’est un gros problème.

30 000 personnes sans emploi ni école

Mais, le défi majeur se situe ailleurs, selon les responsable de l’UNICEF. « Le principal défi avec les déplacés ici à Banco, c’est le manque de moyens. Vous imaginez qu’il y a plus de 30 000 personnes sans emploi, sans travail, aucun projet, pas d‘école. C’est un gros problème », pense Orijinjene Obinna, docteur UNICEF à Banki. Un gros problème qui pousse beaucoup de jeunes à rejoindre les rangs des islamistes. Une situation inquiétante pour le docteur Obinna qui demande aux autorités de réagir avant qu’elle n’empire. « Si le gouvernement pouvait créer des emplois, je pense que le recrutement par les insurgés réduirait considérablement », croit-il.

Mais en attendant, l’urgence pour les 32.000 déplacés de Banki, est de trouver de quoi survivre dans cet enfer d’une ville fantôme où les ruines restent les symboles les plus visibles de la folie de Boko Haram.

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