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Ghana : les Delta Force, des alliés qui dérangent le président Nana Akufo-Addo

Ghana : les Delta Force, des alliés qui dérangent le président Nana Akufo-Addo

Ghana

Tous les regards sont tournés vers le Nouveau parti patriotique (NPP), au pouvoir, après que un groupe qui lui est affilié s’est rendu coupable d’actes de violence ces derniers jours. Le président Nana Akufo-Addo se veut rassurant, personne ne sera épargné par la justice.

Vendredi 24 mars 2017. Plus d’une centaine de jeunes investissent le bureau de George Adjei, le nouveau Coordonnateur de la sécurité dans la région Ashanti, au Ghana. L’homme est sommé de quitter les lieux par ses visiteurs indésirables.

Eux, ce sont les Delta Force, un groupe de jeune affilié au Nouveau parti patriotique (NPP), le parti au pouvoir et qui entendaient ainsi contester la nomination de M. Adjei par le chef de l‘État.

Très vite, la nouvelle prend de l’ampleur et crée l‘émulation. De nombreux Ghanéens fustigent l’agressivité de ces jeunes, mais surtout l’autorité qu’ils se sont attribuée, faisant fi de l’ordre public.

Quelques jours plus tard, 13 membres du groupe sont interpellés et conduits devant la justice. Mais là encore, les Delta Force optent pour une nouvelle démonstration de force. Le 6 avril, ils font une descente au tribunal, attaquent le juge, tentent de libérer de force leurs amis et saccagent au passage certaines installations.

Les 13 fugitifs seront rattrapés par les forces de sécurité et de nouveau présentés à la justice. Malgré tout, ils ne sont condamnés qu‘à verser une amende de 2 400 Ghana cedis et à signer un engagement de bonne conduite pour six mois.

Réaction de l’ONU et du président Akufo-Addo

Pour l’ONU, il est temps que le gouvernement prenne les devants de l’affaire. Le représentant spécial du secrétaire général et chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas et le coordonnateur résident du système des Nations Unies au Ghana, Christine Evans-Klock ont tous deux dénoncé les actes des Delta Force.

Ces fonctionnaires onusiens ont relevé le fait que les actes des Delta Force “sont susceptibles de ternir l’image du Ghana comme modèle de démocratie et de l‘état de droit”.

Un appel entendu par le président ghanéen qui a condamné ce vendredi le comportement des Delta Force et promis justice. Lors d’un discours à l’occasion des célébrations pascales, le dirigeant ghanéen n’a pas mâché ses mots à l’endroit de ses alliés.

“Dans la mesure où les institutions légales et le pouvoir judiciaire ont proposé d’appliquer les lois de notre pays, permettez-moi de répéter qu’il ne sera pas question sous mon administration que les gens agissent en toute impunité. Il ne sera pas non plus possible que sous mon administration les lois de notre pays ne soient pas respectées (…) Nous sommes une nation régie par la règle de droit et la loi sera appliquée sans crainte ni faveur”, a-t-il martelé.

Delta Force, les “gros bras” du parti au pouvoir

Encore appelés “Aluta Boys” (hommes de lutte), Pentagon ou encore Al Jazeera, les Delta Force ont incarné durant plus d’une décennie la sécurité au sein du NPP qui était alors l’opposition. Ces jeunes issus de la région Ashanti assuraient l’ordre lors des différentes manifestations du parti.

Issus de la majorité pauvre et peu éduquée du pays, ils ont souvent été accusés d’intimidation ou d’agressions à l’encontre d’opposants politiques, notamment en période électorale.

Aujourd’hui, ils revendiquent leur part du gâteau. Ils accusent notamment le nouveau pouvoir de les avoir laissé pour contre alors qu’ils ont participé à son ascension.

Selon Ken Yeboah, l’inspecteur de la police de Kumasi, les Delta Force compteraient près de 1 000 hommes dans leurs rangs.

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