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Affaire du Novotel d'Abidjan : des peines de 6 à 20 ans contre les accusés

Affaire du Novotel d'Abidjan : des peines de 6 à 20 ans contre les accusés

Côte d'Ivoire

Le procès de l’affaire du Novotel d’Abidjan a été bouclé jeudi à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Les accusés ont été condamnés à des peines allant de six à 20 ans.

18 ans pour l’ex-chef de la Garde Républicaine Bruno Dogbo Blé, 20 pour le commissaire Osée Loguey, présenté par l’accusation comme l’exécuteur de l’un des deux Français enlevés, les juges n’ont pas été tendres avec les principaux accusés dans l’affaire des disparus du Novotel d’Abidjan. Six ans, c’est la peine minimale prononcée jeudi par la Cour d’Assises, après six semaines de délibéré. Un verdict décrié par la défense qui y voit « échec » de la justice ivoirienne. « On a eu un échec de la procédure d’instruction, et même de la cour d’assises parce qu’au jour d’aujourd’hui, après le délibéré, nous ne savons toujours pas qui les a tués et comment ils ont été tués. Pour moi, c’est un échec », regrette l’un des avocats, Me Rodrigue Dadjé. « Véritablement, je n’arrive pas à digérer cette condamnation. Si Dogbo Blé n’a pas tué, s’il n’a pas enlevé, on le condamne à 18 ans, pourquoi ? », s’interroge l’avocat de l’ex-patron de la Garde Présidentielle.

Un soulagement pour les familles des victimes

Pour les victimes, ce verdict équivaut à une pierre tombale. Les parents ne savent où sont les corps, ils ne pourront pas se recueillir sur un endroit symbolique, mais ils auront ce verdict qui leur permettra maintenant de pouvoir complètement achever ce travail de deuil et de regarder devant.

Pour l’accusation, en revanche, justice a été rendue, malgré l’acquittement de quatre accusés. Qualifiant le meurtre des quatre victimes d’ « acte barbare », les avocats de la partie civile accueillent ce verdict comme un véritable soulagement, surtout pour les parents des victimes qui n’attendaient que ça pour achever leur deuil. « Pour les victimes, ce verdict équivaut à une pierre tombale. Les parents ne savent où sont les corps, ils ne pourront pas se recueillir sur un endroit symbolique, mais ils auront ce verdict qui leur permettra maintenant de pouvoir complètement achever ce travail de deuil et de regarder devant », se réjouit Me Pierre Olivier Sur, avocat des familles des victimes.

Regarder devant, mais avec toujours une interrogation : où sont enterrés les corps des quatre personnes enlevées et tuées en 2011 en pleine crise ivoirienne ? Pour l’heure, seuls deux corps ont été retrouvés fin mai 2011 dans la lagune près d’Abidjan, mais seul le cadavre d’Yves Lambelin, directeur général de Sifca, le plus grand groupe agro-industriel ivoirien, a pu être formellement identifié. Il a semblé avoir été exécuté d’une balle dans la tête alors que « le rapport médico-légal a mis en évidence des fractures multiples aux membres inférieurs et supérieurs », avait rappelé l’avocat général.

L’enlèvement des quatre hommes a été perpétré le 4 avril 2011 à l’hôtel Novotel d’Abidjan par un commando qui serait venu de la présidence. Il s’agit du directeur de l’hôtel, le Français Stéphane Frantz Di Rippel, son compatriote Yves Lambelin, directeur général de Sifca, le plus grand groupe agro-industriel ivoirien, l’assistant béninois de celui-ci, Raoul Adeossi, et le Malaisien Chelliah Pandian, directeur général d’une filiale de Sifca. Selon l’accusation, les quatre hommes avaient été conduits au palais présidentiel pour y être « torturés, sauvagement battus avant d‘être tués ».

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