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RD Congo : l'ancien seigneur de guerre Gédéon "protégé par le gouvernement"

RD Congo : l'ancien seigneur de guerre Gédéon "protégé par le gouvernement"

République démocratique du Congo

La chaîne TV5 Monde Afrique a suivi ses traces. Celles de Kyungu Mutanga, communément appelé Gédéon. L’ancien seigneur de guerre d’une milice maï-maï qui faisait sa rédition en octobre 2016 sous les hourras de Kinshasa.

Si depuis cette grande cérémonie d’accueil organisée à Lubumbashi en son honneur plus rien n’avait filtré sur les conditions de vie du milicien, l’intéressé a bien voulu s’offrir à la chaîne française.

Plus de six mois après, Gédéon est toujours en liberté. Mieux, il vit dans un quartier huppé de Lubumbashi où il est gardé par des militaires. Peut-il en sortir en toute liberté ? Oui, répond-il à la journaliste de TV5 Monde qui l’a contacté par téléphone.

Je suis un citoyen congolais [et] je vis comme un citoyen dans son pays. Je pense sortir parce que je fais confiance à l'État de mon pays. Je suis entre les mains de l'État congolais...

“Je suis un citoyen congolais [et] je vis comme un citoyen dans son pays. Je pense sortir parce que je fais confiance à l‘État de mon pays. Je suis entre les mains de l‘État congolais”, a-t-il déclaré.

Un parti politique pour soutenir la Majorité présidentielle

Les relations entre l’ancien milicien et les autorités congolaises semblent tellement au beau fixe que Gédéon affirme avoir créé son parti politique, le MIRA qui n’est autre que le Mouvement des indépendantistes révolutionnaires africains (MIRA) dont il était le commandant du temps de ses années armées.

Un “parti politique très fort” qui compterait des milliers de membres et qui entend “soutenir la majorité présidentielle qui est [notre] famille politique”, précise Gédéon. “Je suis aux côtés de Joseph Kabila”, a-t-il conclu.

Gédéon avait déjà donné les couleurs de cette idylle politique le 11 octobre 2016, à l’Assemblée provinciale de Lubumbashi lors de sa première apparition publique après cinq ans de cavale. Il s‘était alors flanqué d’un tee-shirt à l’effigie du président congolais Joseph Kabila sur lequel était estampillé “Shikata”(“demeure”, “reste longtemps”) en langue luba.

Ces retrouvailles entre le seigneur de guerre et les autorités congolaises ont, serait-on tenté de dire – redéfini leurs relations. Car, faut-il le rappeler, cet ancien membre de l’armée congolaise avait été condamné à mort en 2009 pour “crimes de guerre”, “crimes contre l’humanité” et “appartenance à un mouvement insurrectionnel et terroriste” pour des exactions contre les populations civiles dans le Nord-Katanga pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003). Une peine commuée par la suite en prison à vie.

Mais ce dernier n’avait passé que deux années en prison après une évasion spectaculaire menée par ses hommes le 7 septembre 2011, libérant au passage quelque 1000 détenus.

Aujourd’hui, l’impasse sur son statut pénal inquiète davantage les familles de ses victimes. Elles sont à ce jour estimées à 110. “Cent dix familles qui n’ont à ce jour reçu ni justice, ni indemnisation”, rappelle TV5 Monde.

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