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Congo : Mpila, quartier-fantôme en plein cœur de Brazzaville

Congo : Mpila, quartier-fantôme en plein cœur de Brazzaville

Congo

Le quartier peine à se relever cinq ans après l’explosition d’un dépôt de munitions qui a soufflé la quasi-totalité de ses maisons.

Rendu sur place, notre correspondant a rencontré des survivants de cette catastrophe qui avait fait 282 morts. Une partie d’entre eux regrette l’absence d’implication de l‘État pour reconstruire le quartier.

« A Mpila, nous avons quatre catégories de propriétaires (de maisons) : nous avons certains propriétaires qui ont eu des maisons à Kintélé ; d’autres sont dans les familles d’accueil ; bien d’autres sont locataires et il y a d’autres locataires qui vivent jusqu’aujourd’hui dans les décombres, explique un rescapé. Ça fait cinq ans, on ne s’occupe pas de nous. C’est quand même décevant pour l’État ! »

À Kintélé, l’État congolais ne nous dit pas si nous allons y habiter définitivement.

« On a tout perdu, même des parents, renchérit une autre. Jusqu’à présent, l’État ne fait absolument rien. Mais, là où il avait des explosifs, tout a été construit, mais rien à signaler pour nos maisons. Nous sommes là ».

Après le drame, une partie des familles avaient donc été relogées à Kintelé, une banlieu située à 25 kilomètres du centre-ville de Brazzaville. Ici, le discours est beaucoup plus conciliant vis-à-vis des autorités. Difficile tout de même de ne pas être nostalgique de la vie à Mpila.

« On s’est vraiment adaptés, confie une mère de famille depuis la véranda de sa nouvelle maison. Les conditions de vie sont meilleures ici. Mais, il y a quelques regrets aussi : nos propres maisons n’ont pas encore été reconstruites. Est-ce qu’elles seront reconstruites ? À Kintélé, l’État congolais ne nous dit pas si nous allons y habiter définitivement. Mais, une chose est certaine, les conditions de vie sont bonnes à Kintélé… »

Au moins vingt-trois militaires avaient été mis en cause et inculpés dans l’affaire des explosions de Mpila. Le colonel Marcel Nstourou, numéro 2 des services de renseignements d’alors figurait parmi eux. Jugé en septembre 2013, ce dernier avait écopé de cinq ans de prison avec sursis. Il a été incarcéré une année plus tard dans le cadre d’une autre affaire. Il est décédé en détention le 16 février dernier.

« Toutes les victimes des explosions de Mpila ont été inhumées dans un cimetière de marbre, en plein centre-ville de Brazzaville, raconte notre correspondant Laudes Martial. Ce cimetière jouxte celui des victimes de l’attentat DC10 UTA de septembre 1989 ».

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