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Sommet de l'UA : "l'Afrique est doublement victime du colonialisme", selon le patron des Nations unies

Sommet de l'UA : "l'Afrique est doublement victime du colonialisme", selon le patron des Nations unies

Gambie

Le nouveau secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres est à Addis-Abeba où il participe à la première journée du sommet des chefs d‘État ce lundi 30 janvier. Interrogé par le magazine Jeune Afrique, le chef des Nations unies a reconnu que davantage de place devrait être accordé à l’Afrique.

La représentativité de l’Afrique dans la gouvernance mondiale a longtemps fait l’objet de débat et continue d‘être un point de divergence entre l’Afrique et les grandes organisations internationales, notamment les Nations unies.

Entré en fonction le 1er janvier 2017, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres s’est rendu en Éthiopie pour participer au sommet des chefs d‘État de l’Union. Un déplacement qui trouve tout son sens dans la volonté de l’ancien patron du Haut Commissaire aux réfugiés de renforcer les liens entre l’Afrique et l’organisation qu’il dirige à présent.

Car, reconnaît-il, l’Afrique “a aujourd’hui un rôle bien inférieur au poids effectif qu’elle représente dans la communauté internationale”. Et d’expliquer les raisons de cette disproportionnalité constatée tant au niveau des “Nations unies et [du] Conseil de sécurité, mais aussi pour les instances financières internationales et la gestion du commerce mondial”.

Le système de gouvernance démocratique au niveau mondial n’existe pas. L’Afrique est doublement victime du colonialisme. D’abord, c’est une victime directe de la colonisation et de ses conséquences sur tout le continent.

“Le système de gouvernance démocratique au niveau mondial n’existe pas. L’Afrique est doublement victime du colonialisme. D’abord, c’est une victime directe de la colonisation et de ses conséquences sur tout le continent. Ensuite, parce que le système de gouvernance mondiale actuel a été essentiellement conçu avant que les pays africains accèdent à l’indépendance”, a ajouté M. Guterres.

En effet, plusieurs nations africaines, dont le Zimbabwe de Robert Mugabe avaient réclamé un droit de véto au Nations unies, aujourd’hui essentiellement accordé à cinq pays : les États-Unis, la Russie, l’Allemagne, la France et la Chine. Un droit de leadership à la Banque mondiale a également été voulu par l’Afrique, sans succès.

Même s’il ne dit pas ses solutions pour réduire ces inégalités, le chef des Nations unies s’engage à “établir une plateforme de coopération à un plus haut niveau qu’aujourd’hui”, histoire de peser de tout son poids dans la prévention et la résolution des conflits sur le continent. Ceci passe selon lui par “l’engagement très fort des organisations africaines, continentales et régionales, comme nous avons pu le voir en Gambie”, a-t-il suggéré.

Autres sujets abordés au cours de cet entretien, l’initiative de l’Afrique de trouver une solution politique à la crise en Libye, les accusations de violences sexuelles portées contre des Casques bleus dans plusieurs zones de conflit en Afrique, ou encore son avis sur une éventuelle réintégration du Maroc au sein de l’Union africaine.

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