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Pourquoi l'adhésion du Maroc à l'Union Africaine ne fait pas l'unanimité

Pourquoi l'adhésion du Maroc à l'Union Africaine ne fait pas l'unanimité

Maroc

Pour son retour au sein de l’Union Africaine, le Maroc peut déjà compter sur ses alliés de toujours comme le Gabon, le Sénégal, la Guinée ou la Côte d’Ivoire. Le royaume est assuré de leur soutien indéfectible. Mais pour d’autres pays, en particulier les poids lourds régionaux, cette adhésion est vue d’un mauvais œil. L‘épineuse question du Sahara occidental en est la principale raison.

Lundi 30 janvier, les chefs d‘États des pays membres de l’Union Africaine voteront pour savoir s’ils acceptent la réintégration du Maroc au sein de l’organe panafricain. Plus de 30 ans après avoir quitté l’UA, Rabat a enchainé les offensives diplomatiques ces derniers mois pour montrer son engagement sur le continent africain. Officiellement, tous les pays membres se réjouissent de son retour. Mais en réalité certains sont réticents à la réintégration de la sixième puissance économique du continent.

Il y a d’abord le cas de l’Algérie, rival historique du Maroc. Le bras de fer entre les deux pays concerne principalement la situation au Sahara Occidental, une ex-colonie espagnole contrôlée par le Maroc. En 1984, le Maroc avait quitté l’UA en signe de protestation à l’admission de la RASD (République arabe sahraouie démocratique) proclamée par les indépendantistes du Front Polisario. Historiquement, Alger a toujours soutenu les indépendantistes sahraouis, et ce conflit continue d’intoxiquer les relations entre l’Algérie et le Maroc, dont les frontières sont fermées depuis 1994.

C'est inconcevable que le Sahara occidental (...) soit toujours colonisé

“C’est inconcevable que le Sahara occidental (…) soit toujours colonisé”, a déclaré Jacob Zuma début janvier, lors d’une rencontre avec le Front Polisario. Tout comme l’Algérie, l’Afrique du Sud soutient depuis longtemps la lutte pour l’indépendance du peuple sahraoui. Le pays, qui a connu l’apartheid est fortement anticolonialiste. C’est dans cette optique que la présidente sortante de la Commission de l’UA, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini Zuma, a apporté son soutien à la cause sahraouie. Son départ est une bonne nouvelle pour le Maroc qui l’accusait de vouloir saboter son retour au sein de l’organisation.

Enfin, les relations entre le Nigeria, première économie d’Afrique et le Maroc n’ont pas toujours été au beau fixe, Rabat avait même qualifié d’ « hostile » l’attitude du Nigeria envers le royaume. Mais une amélioration est survenue avec l’arrivée de Muhammadu Buhari à la tête du pays. Depuis, Abuja et Rabat se sont rapprochés sur le plan économique. Il n’en reste pas moins que le Nigeria est un allié fidèle de l’Algérie. Et à maintes reprises le pays a réaffirmé son soutien à l’indépendance du Sahara Occidental.

L’adhésion du Maroc à l’Union Africaine semble acquise. Mais il apparaît clairement que des blocs se forment au sein de l’Union autour de la cause sahraouie. L’avenir de la reconnaissance de ce territoire et sa présence à l’UA risquent d‘être remis en question. Car jusqu‘à maintenant, lors des réunions internationales les autorités marocaines ont toujours boycotté ou refusé de siéger au côté de représentants du Polisario, ou même en présence d’un simple drapeau de la RASD.

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