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Gambie : Adama Barrow attendu dans son pays, une semaine après avoir prêté serment

Gambie : Adama Barrow attendu dans son pays, une semaine après avoir prêté serment

Gambie

Le nouveau président gambien Adama Barrow doit regagner ce jeudi son pays. Un retour très attendu depuis sa prestation de serment, il y a une semaine à Dakar et le départ en exil de Yahya Jammeh le 21 janvier, épilogue d’une crise à rebondissements de six semaines.

D’abord annoncée pour jeudi à 16H00 (locales et GMT) sur un compte Facebook au nom de M. Barrow, cette arrivée a d’abord été confirmée à l’AFP à Dakar par une source à la présidence sénégalaise, puis par l’entourage du nouveau président au Sénégal et en Gambie.

L’envoyé spécial de l’ONU en Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, qui a informé le Conseil de sécurité sur la situation lors d’une session à huis clos, accompagnera jeudi Adama Barrow de Dakar à Banjul, a-t-on indiqué à New-York.

“Nous ne devrions pas tourner le dos à la Gambie maintenant”, a déclaré aux journalistes l’ambassadeur de Suède, Olof Skoog, qui préside le Conseil en janvier, il faut “maintenir le cap et soutenir la démocratie”.

Pour ce qui est de la suite, le porte-parole de Barrow, Halifa Sallah a indiqué à la presse mercredi à Banjul que dans un premier temps, Barrow “résiderait chez lui jusqu‘à nouvel ordre” plutôt qu‘à la présidence, où la force de la Cédéao, sous commandement sénégalais, a installé son état-major. Cette force compte 4.000 hommes.

Par-ailleurs, les attentes et les défis s’annoncent immenses. Il s’agit surtout de la mise en place d’une administration, qui a d’ailleurs déja été engagée par le nouveau pouvoir qui a récemment nommé Fatoumata Jallow Tambajang comme vice-présidente. Une désignation contestée par une certaine opinion qui estime qu’elle a atteint la limite d‘âge constitutionnelle.

Accueilli au Sénégal depuis le 15 janvier à la demande de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui craignait pour lui tant que le natif de Kanilai(Sud: ndlr) était en place, Adama Barrow différait jusque-là sine die son retour, invoquant des inquiétudes persistantes pour sa sécurité.

Elu le 1er décembre face à Yahya Jammeh – qui avait initialement reconnu sa défaite avant de se raviser le 9 décembre, un revirement qui a déclenché la crise -, Adama Barrow a prêté serment le 19 janvier à l’ambassade de Gambie à Dakar. Peu après la Cédéao lançait une opération pour forcer M. Jammeh à céder le pouvoir. Celui-ci a finalement quitté le pays samedi dernier pour être accueilli par la Guinée équatoriale.

Depuis, le nouveau président n’est plus apparu, ni ne s’est exprimé en public ni adressé directement à son peuple, à part une série d’interviews accordées à des médias locaux et internationaux à Dakar.

Signe des tensions latentes, des habitants ont témoigné à l’AFP mercredi que le jour du départ de Yahya Jammeh, sept personnes, dont un enfant, qui célébraient l‘événement à Foni Bajana, un village au sud-est de la capitale, ont été légèrement blessées par des partisans de l’ex-président armés de machettes, de coutelas et de chaînes de vélo.

En dépit du départ en exil de Yahya Jammeh, le nouveau chef de l’Etat a demandé la poursuite de l’opération militaire de la Cédéao, notamment pour enquêter sur les affirmations indiquant que des mercenaires et des armes sont entrés en Gambie pendant les semaines de crise au cours desquelles le président sortant a refusé de quitter le pouvoir.

La Gambie, petit pays anglophone totalement enclavé dans le Sénégal, à l’exception d’une étroite façade côtière, a été dirigée d’une main de fer pendant 22 ans par Yahya Jammeh, un ancien militaire.

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