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Commission de l'Union africaine : la candidate du Kenya "se met à dos" le Maroc

Commission de l'Union africaine : la candidate du Kenya "se met à dos" le Maroc

Kenya

Dans moins de cinq jours, sera probablement désigné le successeur du docteur Nkosazana Dlamini-Zuma à la tête de la Commission de l’Union africaine à l’issue du sommet des chefs d‘État en Éthiopie. Amina Mohamed, la candidate kényane à ce poste donne son avis sur l’un des dossiers les plus attendus de la rencontre : le retour du Maroc.

Elle répondait aux questions de l’hebdomadaire Jeune Afrique dans le cadre de sa candidature au poste de président de la Commission de l’Union africaine. Entre perspectives pour l’UA et l’influence de l‘élection de Donald Trump à la tête des États-Unis d’Amérique sur le continent, Amina Mohamed, 55 ans et ministre des Affaires étrangères du Kenya, a évoqué le retour du Maroc au sein de l’organisation qu’elle espère diriger.

Un retour qu’elle juge légitime étant donné que le Maroc est “un pays fondateur de l’OUA [l’organisation de l’unité africaine, devenue UA en 2002, ndlr], qui fut là pendant très longtemps et qui peut revenir quand il le souhaite”.

La République sahraouie est un pays africain, un membre de l’UA, et doit le rester.

Toutefois, il semble que pour la diplomate kényane, il est hors de question que le retour du Maroc s’accompagne de conditions, notamment sur le sensible dossier du Sahara occidental. Lorsque le magazine l’interroge si la “cohabitation (du Maroc, ndlr) au sein de l’UA avec la République arabe sahraouie démocratique (Rasd)” qui pourrait être “compliquée”, la réponse de Amina Mohamed est sans ambage. “La République sahraouie est un pays africain, un membre de l’UA, et doit le rester”, a-t-elle souligné.

Une réponse qui ne risque pas de plaire au Royaume qui a annoncé officiellement son intention de revenir au sein de l’institution en juillet dernier. En effet, Rabat a toujours milité pour l’exclusion de la République sahraouie – c’est d’ailleurs pour cela qu’il a quitté l’OUA en 1984 – qu’il appelle “Sahara marocain” ou “Provinces du Sud”. Si pour l’heure, le royaume chérifien n’en a pas fait cas en signant l’Acte constitutif de l’UA, l’une des conditions sine qua none à son retour, certains analystes misent que la question sera à l’ordre du jour tôt ou tard.

Encore que dans l’Acte constitutif, il réside un flou juridique sur l’exclusion d’un État membre. Concrètement, un État membre ne peut pas être exclu par ses pairs. Mais, comme la candidate Amina Mohamed, certains pays membres de l’Union africain estiment que le Maroc a fait son choix et doit l’assumer. S’il a décidé de revenir au sein de l’organisation panafricaine, c’est en connaissance de cause et devrait s’accommoder de la présence de la République sahraouie.

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