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"The Citizen" : fresque réaliste de la difficulté d'être un Hongrois d'origine africaine

"The Citizen" : fresque réaliste de la difficulté d'être un Hongrois d'origine africaine

Hongrie

Le cinéma pour tenter de redonner du sens à sa vie lorsqu’on a laissé sa terre natale.

C’est la démarche qu’illustre The Citizen, un film qui met en scène le Bissau-guinéen Marcelo Cake-Baly.

Pour cet homme qui arrive en Hongrie en 1976 pour suivre des études, le cinéma est une expérience inédite.

Ils veulent juste fuir des circonstances horribles qui peuvent leur faire perdre leurs enfants, leurs vies, tout ce qu'ils ont.

Mais ce film retrace à peu près son parcours personnel. Après près de 20 ans de résidence permanente en Hongrie, Marcelo obtient la nationalité de son pays d’acceuil au milieu de la décennie 1990.

Mais malgré son nouveau passeport, il dit toujours éprouver des difficultés dans les interactions quotidiennes avec ses compatriotes 40 ans plus tard. Et la récente crise des migrants n’a rien arrangé.

« Je me sens hongrois, mais dans la rue, je ressemble à un Africain, raconte M. Cka-Baly. Le nombre d’années que j’ai vécu ici n’est pas écrit sur mon visage, tout comme le fait que j’ai une famille hongroise, que je travaille ici, que je paie mes impôts. Ce n’est pas marqué sur mon visage ! Les gens me considèrent comme un migrant lorsque je suis dans la rue ».

Marcelo Cake-Baly est âgé de 58 ans et il travaille comme conducteur de Tramway, dans la capitale Budapest depuis plus de 10 ans. Un travail qu’il a réussi à décrocher après avoir enchaîné plusieurs emplois d’agents de sécurité dans les centres commerciaux de la ville.

Dans le film, il joue le rôle d’un personnage qui fait une demande de naturalisation et qui tombe amoureux de l’enseignante d’histoire et de langue hongroises affectée à lui faire passer ses examens.

Le début du tournage du film en 2015 a coïncidé avec l’apogée de la crise des migrants en Hongrie. C’est à cette époque que le pays était devenu l’un des principaux points de transit pour des milliers de personnes désirant se rendre en Europe occidentale.

« Mon scénario est toujours le même, rassure le réalisateur Roland Vranik. Il fonctionne de la même manière. Vous savez, ce n’est pas important qu’il y ait une crise des migrants ou non. Les problèmes de ces personnes seront les mêmes. Ils n’ont rien à faire des problèmes des migrants, il s’en foutent… Ils ne savant même pas que nous avons des problèmes. Tout ce qu’ils savent, c’est qu’ils veulent que vous sachiez… Ils veulent juste fuir des circonstances horribles qui peuvent leur faire perdre leurs enfants, leurs vies, tout ce qu’ils ont. C’est tout ce qu’ils savent… C’est comme si votre conscience se rapetissait et vous prenez vos enfants et vous vous enfuyez vers des endroits plus sûrs. Ce que nous pensons n’est pas important pour eux, ils veulent juste un endroit sûr, de l’eau potable. Ils veulent juste vivre des jours où personne ne vou dra les tuer. C’est ça la vérité ! »

The Citizen est le troisième du réalisateur Roland Vranik, film. Il sortira dans les salles en Hongrie le 26 janvier prochain.

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