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Gambie: le président-élu sera investi dans le pays selon l'opposition

Gambie: le président-élu sera investi dans le pays selon l'opposition

Gambie

Le porte-parole de l’opposition gambienne a averti qu’il qualifierait de rebelle tout membre des forces de sécurité du pays qui ne prêterait pas serment de fidélité au président-élu Adama Barrow lors de son investiture prévue le 19 janvier. Par ailleurs, le président accueilli au Sénégal depuis dimanche a appelé ses concitoyens au calme et à la retenue.

Oui, il sera investi sur le territoire gambien, je vous le dis, pas sur le territoire gambien à l‘étranger. Il est clair que le président Jammeh a actuellement des hommes armés. Au moment de l’investiture, le 18 à minuit, ces personnes devront prêter serment de fidélité à la république et à la nouvelle personne qui sera investie. Ils ne doivent pas suivre ses ordres. Toute personne qui accepte de suivre un président dont le mandat a expiré sera un rebelle.“ S’est exprimé depuis une ambassade de Gambie, Halifa Sallah, porte-parole de l’opposition.

Une déclaration qui fait suite à celle, le 9 janvier du président de la Cour suprême gambienne. Emmanuel Fagbenle, s’est récusé lundi de l’examen du recours porté devant cette juridiction par Yahya Jammeh contre l’investiture de son successeur élu Adama Barrow, prévue le 19 janvier.

“_Étant donné que cette injonction me concerne en tant que président de la Cour suprême, je me récuse de son examen. Ce recours attendra donc que la Cour suprême soit constituée ou le temps de permettre aux juges d’arriver en Gambie”. A-t-il déclaré, alors que Yahya Jammeh a demandé à son homologue libérienne Ellen Johnson Sirleaf, en tant que présidente en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), d’accélérer l’envoi de juges pour pourvoir les sièges vacants à la Cour suprême, réaffirmant que “le statu quo devait prévaloir” tant que celle-ci n’aurait pas statué sur ses recours.

Selon M.Jammeh, “la soi-disant date du 19 janvier n’est pas gravée dans le marbre“dans une conversation téléphonique avec Mme Sirleaf, dont l’enregistrement a été diffusé dans la nuit de dimanche à lundi par la télévision d’Etat GRTS.

Par ailleurs, M. Barrow, qui séjournera au Sénégal jusqu‘à la date de son investiture, a appelé ses concitoyens à “continuer à faire preuve de retenue, à respecter la loi et à ne pas répondre à la provocation”, dans une déclaration à Dakar lue par son conseiller, Mai Fatty.

Je demande à tous les citoyens de continuer à maintenir la paix, la stabilité et la tranquillité dans notre pays. J’appelle tous les citoyens à continuer à faire preuve de retenue, à respecter la loi et à ne pas répondre à la provocation. Je suis conscient de la vague d’arrestations illégales de membres de l’armée et d’agents de la sécurité par le président sortant. Je condamne fermement cet acte détestable. Je demande la libération immédiate des personnes arrêtées ou détenues illégalement.

Un pays toujours en crise

La Gambie est plongée dans une grave crise depuis que M. Jammeh a annoncé le 9 décembre qu’il ne reconnaissait plus les résultats de la présidentielle du 1er décembre, une semaine après avoir pourtant félicité M. Barrow pour sa victoire.

M. Jammeh a saisi la Cour suprême pour réclamer l’annulation des résultats et a déposé la semaine dernière un nouveau recours pour que celle-ci interdise à toute autorité judiciaire, y compris elle-même, de participer à la prestation de serment d’Adama Barrow.

L’avocat de l’ancien président et du parti au pouvoir Edward Gomez, a reconnu qu’il ne lui serait pas possible d’obtenir l’injonction demandée avant le 19 janvier “parce que le président de la Cour suprême a dit très clairement qu’il ne pouvait pas se prononcer seul sur ce dossier”.

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