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Regard sur le massacre des animaux sauvages en Afrique

Regard sur le massacre des animaux sauvages en Afrique

Les éléphants

La recrudescence des massacres des animaux sauvages a pour conséquence la prise de conscience, entre autres. En 2016, les initiatives pour tenter d’endiguer le fléau du braconnage, qui décime bon nombre d’espèces animales, se sont multipliées un peu partout sur le continent.

Richard Vigne, directeur de la réserve privée d’Ol Pejeta : “si le monde veut continuer a voir des espèces comme les rhinocéros et les éléphants en liberté alors il faut que tout le monde apporte son aide. Ce serait injuste de laisser ce problème aux pays africains, et d’espérer que les pays africains gèrent ce problème. C’est une problématique internationale.”

Les pays africains s‘équipent pour mieux lutter contre des braconniers, souvent dotés d’armes de guerre et farouchement déterminés à atteindre leurs objectifs. Ces derniers, parfois membres de groupes rebelles, n’hésitent pas à tuer pour défendre leur affaire. Sur le continent, le nombre d‘éléphants, massacrés pour leur ivoire, est descendu à 415.000, soit 111.000 de moins qu’il y a dix ans, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Les rhinocéros sont tués pour leurs cornes aux vertus soi-disant thérapeutiques, l’Asie, particulièrement la Chine, présentant la plus forte demande en la matière. Plus de 5.000 d’entre aux ont ainsi disparu ces huit dernières années. Et même les paisibles pangolins, en voie de disparition, n‘échappent pas au carnage. En dix ans, plus d’un million ont été massacrés pour leur chair et leurs écailles.

Ginette Hemley, vice-présidente de Wildlife Conservation (WWF): “il faut que nous gardions ces problématiques en première place des agendas des gouvernements. Nous devons garder l’attention forte du public. Nous devons aussi réduire la demande sur le marché pour atteindre les consommateurs qui achètent ces espèces.”

Aux grands maux, les grands remèdes

Patrouilles canines, formations militaires pour les rangers des parcs, ou encore équipements “high-tech” dont des drones, des caméras thermiques et des armes automatiques sont mobilisés contre les braconniers.

En avril dernier, le Kenya a incinéré 105 tonnes d’ivoire d‘éléphants à Nairobi, soit 5% du stock mondial d’ivoire, un signal fort envoyé aux trafiquants.

“Perdre nos éléphants, ce serait perdre une partie essentielle de l’héritage qui nous a été confié. Tout simplement, nous ne permettrons pas que ça arrive. Nous ne serons pas les Africains qui sont restés sans rien faire devant la disparition des éléphants”, disait à cette occasion Uhuru Kenyatta, le président kényan.

Le trafic illégal d’espèces animales pèse 20 milliards de dollars chaque année. Du coup, il représente le quatrième commerce illégal au monde, après ceux concernant les armes, la contrefaçon et le trafic des êtres humains.

Mais la lutte contre le braconnage dans les pays africains est souvent freinée par des obstacles comme les guerres, la misère et la faim, qui poussent bon nombre d’Africains à justement s’adonner au braconnage qui leur sert de moyen de survie.